Socialisme Maintenant
Les syndicats face à la crise

Retour

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Documents

1920-2010 Fêter un quatre vingt dixième anniversaire ou reprendre la réflexion syndicale ?

En septembre 1920, le congrès d’Orléans de la CGT est marqué par la création des Comités Syndicalistes Révolutionnaires. Une tendance est officiellement créée dans la CGT afin d’impulser le débat interne et de redonner à la CGT son orientation révolutionnaire et son fonctionnement fédéraliste.

Un Comité Central des CSR a été élu avec des militants très influents : Monatte, Semard, Berrar, Racamond, Bouet,…Plusieurs dizaines de milliers de militants syndicaux rejoignent les CSR en quelques mois. Des militants, par la suite très connus, vont faire leurs premiers pas aux CSR : Monmousseau, Frachon, Thorez, Duclos, Tillon, Marrane, Gosnat…

La tendance impulse les grèves de 1920-1921, organise la lutte anti-militariste, la campagne pour la libération de Sacco et Vanzetti, les grèves de solidarité avec la Révolution russe… Les CSR donnent leur adhésion à l’Internationale Communiste dès septembre 1920, amenant avec eux plus de mille puissants syndicats CGT acquis à la stratégie révolutionnaire. En décembre 1921, les syndicalistes révolutionnaires sont redevenus majoritaires dans la CGT.

Il faut attendre décembre 1920 pour que le très réformiste PS-SFIO décide, au congrès de Tours, son adhésion à l’Internationale Communiste. Mais, pendant plusieurs années, c’est l’organisation syndicale qui demeure le fer de lance du mouvement révolutionnaire français, profondément ancrée dans le prolétariat. Comme le montre la lecture de L’Humanité de l’époque, le parti est condamné à commenter le combat anti-capitaliste, comme observateur.

Les dirigeants de l’Internationale Communiste ne sont pas dupes et c’est Lénine lui même qui demande en 1922 à Monmousseau, Monatte et Semard de prendre le contrôle du PC français. En deux ans, le PC va être totalement renouvelé en ce qui concerne sa composition interne. La sensibilité sociale-démocrate quitte le parti et Semard devient secrétaire général du Parti.

Les syndicalistes révolutionnaires viennent donc de créer un parti de type nouveau. Un parti composé et dirigé par des syndicalistes. Il le restera pendant des décennies, ce qui remet en cause la théorie de la soit disant « courroie de transmission » entre le parti et le syndicat. Car si il y a eu une domination de l’un sur l’autre, c’est bel et bien la tendance syndicale de la CGT qui oriente désormais le parti. Le PC est animé, à tous les niveaux, par les anciens militants des CSR et ce jusqu’aux années 1970.

Ce schéma parti-syndicat est entré en crise avec l’effondrement de l’URSS. Mais la CGT est loin d’avoir pour autant régler sa crise politique. Pendant des décennies, elle a sous-traité les « débouchés politiques » à un parti, croyant ainsi pouvoir utiliser les institutions comme outils de transformation sociale. Mais au final, c’est bel et bien la CGT qui a impulsé les mobilisations politiques qui ont fondamentalement changé la situation sociale des travailleurs. En sous traitant le combat anti-capitaliste, elle s’est toutefois empêchée d’impulser le renversement de l’Etat capitaliste qui était pourtant l’objectif premier de l’Internationale Communiste. La construction du Socialisme, c’est à dire la gestion des outils de production (usines et services) par les travailleurs, a systématiquement été reporté à plus tard. Malgré tous les beaux discours sur les « débouchés politiques », le mouvement syndical a  mené le combat anti-capitaliste en 1936, en 1940-44, en 1968 mais aussi en 2010. Et il continuera de le faire.

Nous affirmons qu’il devra désormais le faire en se dotant d’une stratégie cohérente, élaborée dans ses propres rangs. L’application de la Charte d’Amiens est une condition indispensable à ce réveil politique. Car affirmer que « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux mêmes » n’est pas une déclaration de guerre aux partis politiques et aux groupes philosophiques. Mais c’est prendre conscience du fait que la révolution socialiste ne pourra aboutir que si elle est l’œuvre de la classe, c’est à dire de son organisation de masse, la Confédération. La révolution ne peut être dirigée par un parti d’avant garde, c’est désormais une évidence.

C’est donc au cœur même du mouvement syndical que les débats stratégiques doivent être menés, dans le respect des sensibilités et des tendances (indépendante des partis). Après quatre vingt dix années de luttes et de réflexion, le mouvement communiste, actif dans l’action concrète de la classe, doit mener un bilan sur les outils dont il s’est doté à différentes périodes. Sinon nous ne sortirons jamais de la crise stratégique qui a empêché notre victoire en octobre 2010.

Les CSR, désormais réorganisés, se proposent d’offrir une analyse de cette longue expérience. Ils viennent d’éditer une brochure de référence qui s’appuie sur l’étude de centaines de militants. Nous vous proposons de la diffuser comme support de formation, de réflexion et de débat.

.

http://www.convergencedesluttes.fr/index.php?post/2010/12/26/UN-AUTRE-QUATRE-VINGT-DIXIEME-ANNIVERSAIRE

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-un-autre-quatre-vingt-dixieme-anniversaire-63758115.html


La bataille des retraites met en jeu une conception de la société conforme aux intérêts de la classe ouvrière et pose ouvertement la question du socialisme…, par Emile Fabrol

Tout le monde vous le dit : le problème des retraites et au-delà celui de toute la protection sociale, c’est le financement. Il y a donc un impérieux besoin de réforme. Président, gouvernement, patronat, experts, parti de la « majorité » parlementaire, y compris les directions des partis de gauche et des organisations syndicales : chacun à sa façon entonne le refrain de la réforme.

Il n’existe que deux façons de financer la Sécurité sociale : la cotisation assise sur le salaire ou l’impôt. Dans le premier cas, la cotisation sociale représente la part collective – socialisée – des salaires. Ce qui implique une gestion par les assurés eux-mêmes ou par leurs représentants élus. Dans le second cas, la Sécurité sociale devient une administration d’État comme les autres. Elle passe sous les mêmes contraintes que l’État impose déjà à l’Éducation nationale, à l’Hôpital et aux autres services publics.
Comme on peut le constater la différence est significative.

Si la Sécurité sociale est exclusivement financée par la part socialisée du salaire cela signifie que chaque salarié contribue selon ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Ce principe fut admis par le consensus entre De Gaulle et Thorez à la Libération parce que la bourgeoisie avait besoin de travailleurs en forme pour reconstruire le pays. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus le tolérer. Pour lui, c’est proprement monstrueux qu’une trop grande partie de la plus-value lui soit subtilisée.
Rester dans le cadre de la cotisation implique que la question du financement passe par la lutte quotidienne pour l’augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements, la résorption du chômage et de la précarité sans oublier l’abrogation des exonérations des cotisations. Celles-ci sont, en dernière analyse, une diminution des salaires et une forte pression au blocage de ces derniers en dessous du seuil donnant droit aux exonérations.

Voilà le moyen par lequel les gouvernements de droite comme de gauche ont fabriqué année après année le trou de la Sécurité sociale. Pour ceux qui veulent taxer le capital, la seule taxe concrète et mesurable c’est l’augmentation des salaires et l’interdiction des licenciements. Tout le reste n’est que du vent !
Actuellement, le financement de la Sécurité sociale est hybride. La cotisation sociale y côtoie l’impôt depuis la création de la CSG [1] par Rocard. Puis ce fut Juppé avec le CRDS [2] et surtout la loi de financement concoctée par le gouvernement et entérinée par le parlement. C’est ainsi que le budget de la Sécurité sociale est entré dans le giron des dépenses publiques et soumis aux règles du Traité de Maastricht.
La suite est connue : régression progressive des prestations (forfaits en tout genre, diminution des remboursements, baisse des retraites). L’agression que prépare Sarkozy répond en tous points à ces exigences. Elle n’a rien à voir avec les scénarios catastrophes à 50 ans et tout simplement pas crédibles sur la démographie. C’est ainsi que partout dans les pays membres de l’Union européenne – plus ou moins mal notés par des agences liées aux banques que les États viennent de renflouer – la réponse est identique : baisse des retraites et des salaires, augmentation des taxes et des impôts, réduction drastique des services publics. La contre-réforme de Sarkozy épouse la même logique que celle de ses compères sociaux-libéraux de Grèce, d’Espagne et du Portugal. On retrouvait cette logique dans la live blanc de Rocard sur les retraites et dans les conclusions du sommet européen de Lisbonne en 2002, où Chirac et Jospin se prononçaient pour l’indispensable report de cinq ans de l’âge de départ à la retraite.

Une contre-réforme peut en cacher une autre

Mais ils n’ont pas l’intention de s’arrêter en chemin. Ce qui se profile à l’horizon c’est l’étatisation totale de la Sécurité sociale réduite à un service public a minima, une sorte de CMU généralisée. Ceux qui en auront encore les moyens seront libres d’avoir recours aux assurances privées. Nous pataugeons dans l’idéologie libérale pure : seuls les plus forts survivront.

Dans Les Echos du 2 avril 2010, le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, le bouillant Coppé, propose la fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu et pour être complet la fusion de l’URSSAF (organisme collecteur des cotisations sociales) avec la Direction générale des finances publiques. On retrouve la même idée dans le projet de nouveau programme du PS rédigé par Moscovici et adopté à l’unanimité de la direction du PS. Dans ce texte on relève que l’idée qui achèvera la Sécurité sociale s’impose par le « nécessaire redressement des comptes publics ».

La bataille des retraites a comme principal objectif d’obliger Sarkozy à mettre son projet à la poubelle et de revenir sur les décrets Balladur de 1993 et la loi Fillon de 2003. Il s’agit de rompre la spirale de l’échec sur une question vitale pour la classe ouvrière. Simultanément, la bataille des retraites doit contraindre l’UMP et le PS à oublier leur obsession d’étatisation de la Sécurité sociale.
Il est impératif de ne pas discuter les arguments de la bourgeoisie. Ils sont fallacieux, mensongers et volontairement alarmistes. Par exemple, le seul rapport qui a véritablement du sens, ce n’est pas celui actifs/inactifs (comme si les retraités étaient des oisifs) mais celui entre cotisants et non cotisants autrement dit entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas. Cela renvoie à la question du début sur les salaires et l’emploi.
Il est impératif de refuser le dialogue social à la sauce Sarkozy. C’est un piège qui redore le blason présidentiel grandement terni par sa déroute lors des élections régionales. Les organisations syndicales dignes de ce nom doivent quitter le COR, cette machine à fabriquer des « diagnostics partagés » mais comme par miracle toujours favorables au patronat [3]. Le consensus Sarkozy-Thibault a déjà produit suffisamment de dégâts.
Il est impératif de se battre sur l’essentiel sans chercher de faux raccourcis et sans faire de la surenchère. Ce qui implique de ne rien lâcher sur le retour aux 37,5 ans maximum de cotisations. Un simple calcul montre que c’est l’unique façon de défendre la retraite à 60 ans.

La bataille des retraites met en jeu une conception de la société conforme aux intérêts de la classe ouvrière et pose ouvertement la question du socialisme dont la Sécurité sociale est un jalon. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les effets dramatiques de la crise du capitalisme en cours. Il ne s’agit pas d’affirmer que le monde du travail n’a pas l’intention de casquer pour cette dernière. C’est le capitalisme qu’il convient de mettre en accusation : « Si le capitalisme est incapable de satisfaire les revendications qui surgissent infailliblement des maux qu’il a lui-même engendrés, qu’il périsse ! » [4]
En ce sens la bataille des retraites est une bataille politique.
Émile Fabrol
1.- Contribution sociale généralisée : impôt prélevé à la source, c’est-à-dire sur le salaire.
2.- Contribution pour le remboursement de la dette sociale : impôt, prélevé comme le précédent, qui devait être limité dans le temps et que le gouvernement Jospin a pérennisé.
3.- Conseil d’orientation des retraites : organisme créé par Jospin et mis en place par Raffarin.
4.- Léon Trotsky, Le Programme de transition.


Quelques échos du 49è Congrès publiés sur le site:  "Comité pour une CGT lutte de classes de soutien à la candidature de Jean Pierre Delannoy"

1) Premiers échos du 49ème congrès

Lundi après-midi le 49ème congrès s’est ouvert sur une longue et fastidieuse intervention de Bernard Thibault. Celui-ci a commencé par la valorisation de la lutte des Sans Papiers et notamment des 6000 travailleurs en grève pour l’obtention de leur régularisation en lien avec la régularisation de leur statut d’emploi. Thibault, oubliant "l’évacuation" des Sans papiers de la Bourse du Travail de Paris, tente de s’approprier cette lutte qui repose avant tout sur la volonté d’équpes syndicales volontaristes mais souvent isolées. Deuxième thème du secrétaire général : une CGT ouverte où les opinions contradictoires ont droit de cité. En complète contradiction avec la sélection bureaucratique des délégués, les exclusions de militants ou de structures catalogués comme dissidents, à la construction de structures parallèlles à celles qui ne sont pas dans la ligne, au décompte très particulier des votes ou les non- votants deviennent des Pour qui rejoignent les abstentions pour tenter de limiter la visibilité des désaccords. La suite fut beaucoup plus laborieuse. Essayant de justifier l’échec de la stratégie des grèves sauute-moutons et de l’unité syndicale sans contenu, Thibault ne put que reconnaitre que "tout le monde à le droit à l’erreur". Quelles victoires à mettre à l’actif de de la Direction Confédérale ? : le CPE, vctoire de la lutte des jeunes avant tout et qui date d’avant le précédent congrès confédéral ! Le résultat des éléctions prud’homales entaché malheureusement d’un fort taux d’abstentions et qui reflète autant la confiance dans les équipes locales que dans l’orientation confédérale. Pour les reste, des échecs sur les retraites à l’absence voire la défiance dans les luttes contre les licenciements, peu de chose à se mettre sous la dent. Ensuite, de vagues perspectives de mobilisation sont évoquées : manifestation internationale en mars, "campagne" sur les services publics, et la préparation de la défense des retraites. Mais pas de dates, pas de revendications, pas de calendrier de mobilisation. Après l’inévitable intervention anti dissidents, Jean Pierre Delannoy, candidat aun poste de secrétaire général en opposition à Thibault, à lancé le débat sur le fond des orientations. Se présentant comme politiquement inorganisé et soutenu par plusieurs milliers de militants et de structures, Jean Pierre réaffirme la légitimité de sa candidature. Il souhaite que la CGT redonne la priorité aux structures de base de la CGT et redevienne un outil de lutte et non d’accompagnement du capitalisme. Nécessité de revendications mobilisatices (300 euros pour tous, arrêt des licenciements, retour au 37,5% de cotisations pour les retraites, arrêt des privatisations, etc. pour faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais pour cela nous devons renoncer aux mobilisations épisodiques tous les deux ou trois mois et aller vers une mobilisation générale qui ne se décrète pas mais qu’il faut impérativement préparer. Ce n’est pas d’une restructuration visant à retirer des prérogatives aux structures locales ou d’entreprise. Jean Pierre termine en réaffirmant la nécessité de la solidarité et de mobilisation internationales. Les quelques sifflets plus ou moins "organisés" du début sont remplacés par un soutien réel à la suite de son intervention.
En fin de journée les débats sont conclus par le vote du rapport d’activité
Les résutats de ce vote marquent un recul notable de la Direction Confédérale.
ATTENTION : les % "pour" et "contre" présentés sur le site du congrés par rapport aux votants (pour + contre + abstentions) sont en fait les % par rapport aux votes exprimés (pour et contre). La direction cherche ainsi à minimiser son recul.
Nombre de voix représentées par les délégués présents au congrés : 520 221 Les délégués n’ayant pas pris part au vote représentent : 3 725 voix (0,72%) Les délégués ayant pris part au vote représentent : 51 6496 voix (99,28%)
Abstentions : 39 858 voix (7,72% des votants) Exprimés : 476 638 voix (92,28% des votants) Pour : 368 414 voix (77,29% des exprimés) soit 71,33% des votants Contre : 108 224 voix (22,71% des exprimés) soit 20,95% des votants
Voix des délégués au congrés ne s’étant pas prononcés pour le rapport d’activité (contre + abstention + NPPV) : 108 224 + 39 858 + 3725 = 151 807 voix (29,2% des voix des délégués !!). Prés d’un délégué sur trois a refusé de voter le rapport d’activité, malgré le filtrage que l’on connait des délégués au congrés, malgré le nombre important de militants à jour de cotisations n’ayant pas pu voter dans ce congrés antidémocratique.

2) Intervention de Jean Pierre Delannoy

INTERVENTION de Jean Pierre DELANNOY, CANDIDAT AU POSTE DE SECRETAIRE GENERAL, AU 49ème CONGRES CONFEDERAL DE LA CGT

Avant tout, je voudrais couper court aux rumeurs me concernant. Je ne suis membre d’aucune organisation politique et ma candidature au poste de S/G n’est pas une candidature individuelle. Elle est issue d’une convergence de nombreux syndiqués et collectifs CGT qui se retrouvent sur une orientation de lutte de classe et de masse. A ce jour, elle a reçue plus de 2000 soutiens d’organisations syndicales, de militantes et de militants. Le Congrès étant l’instance souveraine, cette candidature a toute sa légitimité. Il appartient donc au Congrès d’en débattre, d’autant plus qu’à l’ouverture du 49ème Congrès, ce sont tous les mandats qui sont remis à plat. Le véritable danger pour la CGT n’est pas le débat, mais l’orientation que tente de nous imposer la Confédération. Une orientation qui tourne le dos aux idéaux, aux conceptions et aux armes de la classe ouvrière qui ont fait la particularité et la force de la CGT.
Maintenant les raisons de fond qui ont motivé cette candidature
C’est tout d’abord, sortir de la démarche institutionnelle, et redonner la priorité aux organisations syndicales à la base.
La CGT ne doit pas être une organisation syndicale d’accompagnement du système capitaliste et de la politique gouvernementale.
La CGT doit redevenir un outil de lutte au service de la classe ouvrière et de tous les travailleurs ! Pour cela il nous faut redéfinir des objectifs revendicatifs clairs, précis qui répondent aux attentes des salariés, à leurs revendications exprimées dans les luttes.
Plutôt que des repères revendicatifs évasifs comme le « salaire décent » ou le « développement humain durable », les salariés demandent dans un 1er temps - 300 €uros d’augmentation de salaire en guise de rattrapage pour les pertes de pouvoir d’achat accumulées ces dix dernières années avec la refonte des grilles de salaires
-Arrêt des licenciements dans le Privé et des suppressions de postes dans le Public. Et nous parlons de tous les licenciements, pas seulement des licenciements boursiers -Retour à 37½ années de cotisations pour les salariés du Public, et retraite pleine et entière à 55 ans pour tous les salariés du Privé -Arrêt des privatisations de la poste, de l’énergie et des transports, renationalisation de tous les services publics et de bien d’autres secteurs
Enfin nous affirmons que ne pourrons pas obtenir de nouveaux droits syndicaux si nous ne parvenons pas à faire respecter les libertés syndicales dans les entreprises, dans le Privé comme dans le Public ! Car trop nombreux sont nos militants victimes de la vindicte patronale ou des directions des services publics !
Mais pour gagner nous avons besoin d’en finir avec la spirale de l’échec dans laquelle nous a conduits la stratégie du syndicalisme rassemblé ces 10 dernières années. L’unité d’action doit se faire à partir des revendications des salariés et non dans la démarche consensuelle entre les Confédérations syndicales dans laquelle les salariés ne se retrouvent pas, ni dans le contenu ni dans la stratégie de luttes.
Comment peut-on croire un seul instant faire reculer le Patronat et son gouvernement Sarkozy avec des mobilisations épisodiques tous les 2, 3 ou 4 mois ? !!!
Ce n’est pas d’une restructuration interne dont nous avons besoin pour développer les luttes et pour permettre une syndicalisation massive, mais d’une ligne offensive et clairement du côté de la lutte des classes !
Au contraire, ce sont les luttes qui sont sources de rassemblements et de syndicalisation massive !
Nous ne voulons pas de cette restructuration car elle va encore et davantage institutionnaliser la CGT, la hiérarchiser et la technocratiser.. Ce sont les prérogatives des syndicats d’entreprises, d’Unions locales et Unions professionnelles (les structures de base) qui sont à terme être menacées par cette centralisation des pouvoirs et des moyens. Comme par hasard, cette restructuration répond précisément aux injonctions de la CES.
Cette même CES dont le secrétaire général, John MONKS, semble être plus préoccupé d’essayer de sauver le Capitalisme, la CES qui s’était prononcée pour le projet de Constitution européenne qu’avait rejeté le CCN.
La restructuration interne prônée par la Commission ad hoc a beaucoup de similitudes avec le recentrage de la CFDT lors de son Congrès en 1978 et dont la conséquence fut la remise en cause dans les années 80, 90, de nombreux accords obtenus de hautes luttes.
Voilà quelques raisons de fond qui ont motivé des organisations syndicales et des militants à me proposer comme candidat à ce 49ème Congrès. C’est aussi pour rendre visible une contestation qui ne fait que grandir au sein de notre organisation syndicale et qui ne peut pas s’exprimer tant tout est fait pour empêcher le débat démocratique. Rappelons que, lors des 3 derniers Congrès, ce sont plus de 1 000 amendements qui ont été déposés sans qu’aucun ne soit jamais retenu ! ! !
Pour finir, la CGT doit aussi renouer avec la solidarité internationale des peuples et des travailleurs en lutte dans le monde et réinvestir profondément les questions culturelles et l’éducation populaire indispensables à l’émancipation.
Les salariés ne peuvent plus attendre, nous devons assumer notre responsabilité vis-à-vis de la classe ouvrière et de tous ceux qui payent dans leur tête et dans leur chair la facture du capitalisme !
Voilà les véritables enjeux de ce Congrès.

.


SYNDICAT CGT St.Gobain SEVA Fédération de la Métallurgie , 43 rue du Pont de fer 71100 Chalon sur Saône
Positions du syndicat sur les documents du 49ème Congrès confédéral , décembre 2009.

Sur le document d’orientation

Sur la première partie

Syndiqués de la métallurgie, nous sommes aux premières loges, comme dans toute l’industrie, de l’offensive redoublée d’abaissement du coût du travail, c’est à dire licenciements, suppressions d’emplois, délocalisation, augmentation de la productivité et donc : surexploitation pour ceux qui restent. Une offensive redoublée conséquente à la crise actuelle et sans précédent du système économique capitaliste. Cela dans le seul but de préserver et d’accroître les profits des actionnaires.

La première des inquiétudes et des interrogations des travailleurs –tout ages confondus-qui sourdent en permanence, c’est celle de l’emploi. Y aura-t-il ou non des licenciements ? Nous avons subi une première vague de 600 000 licenciements et suppressions d’emplois, une deuxième vague commence à déferler…Il n’y a et il n’y aura de « reprise » économique que pour les spéculateurs et les actionnaires. Et sont les travailleurs « qui paient la crise (au prix le plus élevé) dont ils ne sont pas responsable » !
Dans notre entreprise, noud avons perdu 35 emplois en un an, (20 intérims, 13 départs retraite non remplacés, 2 cadres poussés dehors) et la direction refuse de négocier les remplacements des 35 à 40 départs ACAATA…

Partout aux portes des usines ou il y a des suppressions d’emplois et dans les manifestations fleurissent les banderoles exprimant la revendication vitale des salariés avec leurs syndicats : « Non aux licenciements ! » « Arrêt des licenciements ! » ou « Interdiction es licenciements ! »

Or le document d’orientation, à aucun moment, ne se prononce pour l’arrêt des licenciements !

A aucun moment, le document d’orientation ne se prononce pour le maintien des emplois existants, pour le maintien des entreprises et des moyens de production existants !
Et à aucun moment, le document d’orientation ne se prononce pour la défense le maintien et le rétablissement dans toutes leurs prérogatives du Code du Travail, des Conventions collectives, des statuts. C'est-à-dire des droits
collectifs!

A l’inverse le document d’orientation propose d’étendre le « Nouveau statut du travailleur salarié » (NSTS) et la Sécurité sociale professionnelle » (SSP) à l’ensemble des salariés –qui seraient des droits individuels-d’en faire
l’axe majeur du congrès confédéral.

Il apparaît donc qu’il ne s’agirait plus de défendre chaque emploi, chaque usine créer par le travail de génération de salariés, mais d’accompagner les restructurations, les « mutations industrielles» imposées par les actionnaires.

Cela apparaît d’autant plus clairement que les articles I 52 à I 60 du document d’orientation cautionnent comme première étape et proposent de développer tous les dispositifs d’accompagnements proposés aux salariés menacés ou victimes de licenciements tels le « congé de reclassements », le « contrat de reclassement professionnel », le « contrat de transition professionnel », l’ « accord de janvier 2008 sur la modernisation du marché du travail qui a introduit un début de transférabilité du dif », les mesures de chômage partiel et de chômage total… (voir
é galement les articles I 67 à I 70)
La SSP élément du NSTS… qui ne sont pas des revendications des salariés, permettrait elle de stopper les suppressions d’emplois, de faire reculer la précarité notamment chez les jeunes ? Non !

Les travailleurs veulent conserver leurs emplois. Ils ne veulent pas passer leurs vies à « alterner » entre stages, formations bidons, périodes de chômage, de petits boulots, ni être « mobile » d’une usine à l’autre. Ils veulent un
CDI et vivre dignement de leur travail, là ou ils se sont installer avec leur famille!

Et qui plus est, avec 600 000 emplois supprimés en 2009, s’ajoutant aux millions de chômeurs total ou partiel, ou donc peut-on prétendre « reclasser » les salariés licenciés ? Et fournir un emploi pour les jeunes ? De toute manière, la question du droit à l’emploi passe par l’arrêt des suppressions d’emplois et des fermetures ! Le « droit suspensifs des licenciements » proposé que nous avons connu sous d’autre forme ne répond pas à la situation : la revendication des travailleurs n’est pas de suspendre un temps leur licenciement, mais bien de garder leur emploi et d’en vivre.


Nous considérons que le Congrès doit mettre au centre de la discussion :
-la défense de tous les emplois existant aujourd’hui dans le privé comme dans le public
-le droit à l’emploi avec un vrai travail et un vrai salaire pour chaque travailleur, chaque jeune garanti par
le Code du Travail, les Statuts, les Conventions collectives qu’il faut défendre et rétablir….
Et donc combattre pour l’unité et la mobilisation nationaleinterprofessionnelles des travailleurs et des organisations syndicales sur les revendications vitales et communes, c'est-à-dire pour :
-l’arrêt des licenciements, suppressions d’emplois, délocalisation et fermetures, la renationalisation ….
-l’arrêt des privatisations, le retour au monopôle des services publics : la Poste, DDE, EDF, GDF, Hôpitaux,
Ecole, SNCF….
-l’augmentation générale des salaires et des pensions de retraites…
-la réduction du temps de travail (hebdomadaire, et en annuités et âge retraite) compensée par des embauches (moyen « solidaire » de répondre à l’évolution technologique…)


Concernant la Sécurité sociale et la santé :


Comment prétendre renforcer la place et le rôle de l’hôpital publics et comment préserver la Sécurit Sociale sans exiger le retrait et l’abrogation de la loi Bachelot dite HPST, qui était la revendication des travailleurs hospitaliers
et de la Fédé de la santé et de l’action sociale. La loi Bachelot qui met en place des Agence régionale de Santé ARS, qui achève de détruire la Sécu de 1945 en la régionalisant, avec demain des droits différents à la santé d’une région à l’autre…

Pourquoi prétendre à un problème de financement de la Sécu et passer sous la table la question et l’exigence de l’arrêt des exonérations patronales qui s’élève à plus de 250 milliards d’euros depuis 1991 ! Pourquoi ne pas exiger
leur restitution !?

Peut–on proposer « une maison commune des retraites », sans avoir préalablement exiger l’abrogation des lois Balladur de 1993 et Fillon de 2003 et le retour aux 37,5 annuités pour tous public privé, au calcul sur les 10 meilleures années pour le privé….

Sur la deuxième partie

Il s’agit d’un bouleversement total des structures et des principes de notre confédération : En effet, les syndicats devraient mettre en cause leur existence avant le 31 décembre 2011 et voir leur rattachement à un syndicat multiprofessionnel territorial ou de site. Territoires et régions sont les maîtres mots, que deviendront les UL et les UD ? N’est ce pas la territorialisation et la régionalisation de la CGT s’inscrivant dans l’Europe des régions des traités de l’UE, sinon pourquoi « réformés » nos structures historiques qui ont fait leurs preuves?!


Et entre autres, l’article II 128 propose de «développer, à toutes les étapes, la consultation des salariés comme un élément décisif de sa pratique syndical ». Pour nous, comme depuis plus d’un siècle dans la CGT c’est aux syndiqués de décider de l’orientation de leur syndicat.


Le document d’orientation fait une stratégie du « syndicalisme rassemblé » et « rassembleur ». Pour nous, au regard du passé et du printemps derniers, ce n’est pas le syndicalisme, c'est-à-dire les dirigeants syndicaux qu’il faut «rassembler » sur le programme de M Chérèque-CFDT, mais rassembler, unir les travailleurs sur les revendications fondamentales et vitales. C’est, à l’heure ou des millions et millions sont descendus dans la rue le 29 janvier et le 19 mars, c’est la perspective d’une mobilisation nationale unitaireinterprofessionnelle jusqu’à satisfaction des revendications fondamentales que le 49éme congrès doit ouvrir.


En conséquence de ces considérations et d’autres : le syndicat vote contre le rapport d’orientation.

.

Concernant le rapport d’activités

-Considérant le bilan du « syndicalisme rassemblé » après le 19 mars qui a mené à l’échec d’un mouvement
montant de mobilisation nationale,
-et considérant la loi du 20 août 2008 sur la représentativité qui a mis fin à la présomption irréfragable de la représentativité de la cgt ; loi qui constitue un recul du droit syndicat dans la mesure ou il faut obtenir 10 % des voix aux élections professionnelles pour être reconnu comme un syndicat représentatif et désigner un Délégué Syndical et obtenir deux élus au CE pour désigner un Représentant syndical, que les syndiqués ne peuvent plus désigner librement leur délégué syndical, etc, et qu’à l’inverse cette loi favorise la création de syndicat «
maison »…

le syndicat votre contre le rapport d’activités ainsi que contre le rapport financier.

Adoptés aux réunions des syndiqués des 17 et 19 novembre 2009.


Les signataires de la présente contribution l'inscrivent dans le cadre de la réflexion du 49ème congrès de la CGT. Marseille le 13 Novembre 2009

.

Nous tenons à réaffirmer le fait que nous voulons d’une CGT de lutte de classe et de masse. C’est pourquoi nous sommes pour l’abolition du salariat, pour la solidarité des exploités et leur émancipation.

Nous ne partageons pas non plus une grande partie des orientations proposées par le document préparatoire qui laisse une trop grande place à la négociation et ne met pas au coeur de la construction d’un rapport de force la question des luttes. Nous en avons vu l’exemple avec les quelques journées d’actions
é parses et démobilisatrices du 1er semestre 2009. Le document laisse à penser que cette stratégie a permis de nombreuses avancées et d’infléchir la politique du gouvernement. Le moins que l’on puisse dire, c’est que nous ne partageons pas ces observations. A titre d’exemple, nous sommes passés à Marseille
de 300 000 manifestants en avril à 3000 en juin. Quelle est la responsabilité de la stratégie dans cette démobilisation ?

En effet, l’explication de la crise montre une analyse de la société qui n’est pas la nôtre. La crise est la conséquence du système capitaliste lui-même. Ce n’est en aucun cas une dérive comme laisse à penser le document. La conséquence de cette analyse est une orientation de cogestion. La proposition d’intervenir dans les Conseils d’Administration est symptomatique. Notre présence dans ces instances ne peut être utile que pour la prise d’information et pour porter la parole des salariés. En aucun cas nous n’avons à négocier les licenciements et autres plans sociaux.

De même, la proposition d’un Nouveau Statut du Travail Salarié ne nous convient pas. Il faut rejeter l’illusion d’une régulation par un NSTS qui serait, de fait, un abandon de toute forme de lutte collective contre les licenciements (individualisation des situations et des droits).

La notion de développement humain durable est caractéristique d’une volonté d’aménagement du système en place (le capitalisme) qui passerait par de « profondes transformations sociales, économiques et environnementales ». Il ne s’agit pas, dans le document d’orientation, de combattre le système en place
mais simplement de l’améliorer. Au contraire, nous pensons qu’il existe des contradictions insurmontables dans ce système. De ce fait, la solution n’est pas de le réformer mais de le dépasser.

Nous regrettons l’absence dans le document d’une dénonciation de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) en tant que privatisation des missions de l’État. Il nous semble impossible de construire une convergence des luttes pour la défense de l’ensemble des services publics sans prendre en compte
cette attaque globale et cohérente que représente la RGPP.

C’est un texte de renoncement et de recul alors que la situation objective porte les travailleurs à la radicalité.

Pour finir, nous rappelons des revendications qui, sans être une liste exhaustive, nous semblent être une base minimum sur laquelle nous devons créer le rapport de force par des luttes à la base que les structures de la CGT doivent impulser et coordonner dans une optique de convergence.

-Retraite à 55 ans et 50 ans pour les travaux pénibles.
-Réduction du temps de travail.
-Arrêt de tous les licenciements.
-Lutte contre tous les contrats précaires.
-Régularisation de tous les sans-papiers.
-Revenu minimum de 2000€ brut pour tous.
-Un service public sorti et maintenu hors du marché et étendu à l’ensemble des besoins de la population.
-Pour une Sécurité Sociale selon les principes d’unicité, d’uniformité et d’universalité, qua chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoive selon ses besoins.

Nous invitons les camarades de toutes les structures à discuter de cette contribution et à en de venir signataires si ils en partagent l’orientation.

CGT Hopital Nord Marseille - CGT Saint Louis Sucre Marseille - CGT PMA - CGT SFR Marseille - des militants du comité chômeur et précaire des quartiers nord de Marseille - des militants de la CGT action sociale
Marseille - des militants de la CGT Hopital La Timone


Appel à soutien de la candidature de Jean Pierre Delannoy comme secrétaire général de la CGT au 49ème congrès
Le 2 novembre 2009

.

«Ils n’étaient que quelques-uns, ils furent foule soudain, ceci est de tous les temps». Paul Eluard

Le capitalisme est inhumain. Il déclenche des guerres, pille et affame les peuples. Il licencie, bafoue nos droits, détruit les acquis des luttes. Il casse et vole le secteur public au profit des intérêts privés et boursiers. Toujours plus sauvage, le capitalisme broie les femmes et les hommes dans les entreprises, les jette au chômage, les use jusqu’à la corde, parfois jusqu’au suicide !


Salariés, retraités ou chômeurs, avec ou sans papiers, nous ne voulons plus subir, nous luttons.

Nous menons le combat syndical contre les reculs imposés par le capitalisme (droit du travail, salaires, retraites, régimes spéciaux, protection sociale, services publics, solidarités, liberté syndicale…) et pour faire aboutir nos
revendications immédiates : refus de tous les licenciements, pas de salaires ni de revenus inférieurs à 1600€ net, augmentation de 300€ net pour tous, retour aux 37,5 annuités pour la retraite, arrêt des délocalisations, création
d’emplois en CDI, régularisation de tous les sans-papiers.. Nous luttons contre la répression et les discriminations anti-syndicales (EDF, GDF-Suez, SNCF, Continental, Forclum, Dalkia, Cegelec, Elyo…).

Notre colère est juste et nous ne lâcherons pas !

Nous ne gagnerons pas en organisant des journées d’action tous les 2 ou 3 mois, ni en laissant les actions isolées entreprise par entreprise. Pour gagner, il est indispensable de construire le rapport de force nécessaire à la convergence des luttes et à la concrétisation du « Tous ensemble ! » dans la grève générale.
La direction confédérale n’ignore pas que la mobilisation, pour être efficace, nécessite une autre orientation que celle du syndicalisme dit « rassemblé ». Sa stratégie actuelle est de s’adapter, comme le fait la Confédération Européenne des Syndicats (CES), au système capitaliste par l’accompagnement des contre-
réformes des Etats bourgeois au lieu de le combattre. C’est pourquoi la direction confédérale entreprend de liquider l’identité de classe et anticapitaliste de la CGT qui a fait sa force et son histoire. Il est urgent d’engager, notamment à l’occasion du 49ème congrès, un vrai débat démocratique sur les orientations de la CGT.

Fermement opposés à la politique gouvernementale, nous ne voulons pas nous adapter au capitalisme, nous voulons le combattre !

Seules les luttes déterminées des travailleurs avec un syndicat de classe et de masse permettront le succès de leurs revendications et la construction d’une société émancipatrice débarrassée du capitalisme.

Nous devons nous mobiliser et nous engager dans la durée, au-delà du congrès, pour retrouver confiance et force dans notre syndicat.

Nous dénonçons les pressions, poursuites et exclusions à l’encontre des militant(e)s et de leurs organisations qui pensent autrement que la direction confédérale (UL-CGT Douai, CGT Forclum, région Nord-Pas-DeCalais…).
Les désaccords avec les orientations et la stratégie confédérales ne doivent pas servir de prétexte à une « chasse aux sorcières ».
Nous nous engageons à des pratiques démocratiques dans le fonctionnement à tous les niveaux de notre syndicat.
Voici les raisons de fond qui motivent la candidature de notre camarade Jean-Pierre Delannoy face au secrétaire général sortant dont la désignation à sa propre succession n’a pas respecté un véritable débat démocratique.

NOMS Prénoms Structure syndicale
actifs, chômeurs, retraités signatures

Signatures à envoyer à : USTM-CGT 2, rue Colliez 1er étage 59 300 Valenciennes ou ustmcgt.hac@wanadoo.fr


22 octobre : deux manifs imbriquées l'une dans l'autre

Du monde, pas mal de monde aujourd'hui. Peut-être pas les 30 000 revendiqués par la Conf', mais pas mal de monde.

Du monde des quatre coins de la France, de toutes les usines. Un cortège ouvrier, populaire. Une multitude de banderoles d'entreprises, touchées le plus souvent par un plan de restructuration. Mais pas vraiment de gros cortège significatif. Les cortèges sortaient du cadre habituel des délégués, mais quelques dizaines de personnes au plus par entreprise. Les Freescale étaient une trentaine, un peu comme les Ford, les diverses entreprises de Renault etc. Seuls les Conti étaient assez nombreux, avec deux autocollants de lutte, l'un contre la répression, l'autre pour l'interdiction des licenciements... et ils ont aussi retapissé le lion de Denfert d'autocollants des pneus dont ils ont manifestement récupéré le stock, très joli pelage jaune et noir pour la bestiole qui avait pris une nouvelle jeunesse !

Mais une impression bizarre dans cette manif, surtout si on la compare à celle du 17 septembre. Ce jour-là, c'était clair et net, une manifestation de lutte de classe, dure, offensive, optimiste.
Aujourd'hui, bien différent. D'un côté, le volet traditionnel des journées bidon de la CGT. Le cortège qui avance par régions, bien calibré par les voitures sonos éparpillées au fil de la manif pour scander les mots d'ordre confédéraux (défense de l'industrie etc...) mots d'ordre que personne ne reprend. Et qui va permettre à la direction confédérale de plastronner dans les médias.

De l'autre B. Thibault qui se fait huer, siffler, couvrir par les pétards en rafale, une véritable bronca pendant son discours [et pas seulement du fait des Conti comme le rapporte la presse, on ne citera pas de nom, mais on était là !], à tel point que le service d'ordre (la quarantaine de gros bras et petites têtes habituels, tous en noir crâne rasés - carrément style mafieux) doit littéralement "l'exfiltrer" à la fin du discours pour éviter la rencontre avec des manifestants particulièrement remontés... On a bien entendu "Thibault démission" haut et fort repris par tous les premiers rangs !
Et puis dans tous les cortèges, entre les voitures sono confédérales, les cortèges d'entreprise avec banderoles "interdiction des licenciements", "non aux licenciements" et toutes les variantes qui expriment au fond la haine croissante de la classe ouvrière contre la règle du jeu du capital, alors que les milliards coulent à flot pour les banques et les patrons.

On sentait de manière palpable le décalage croissant entre la base militante et la direction confédérale, mais aussi que ce décalage ne produisait pas encore de rupture nette.
Par exemple, le projet de banderole unique pour regrouper tous les secteurs en lutte et combatifs autour du mot d'ordre "Interdiction des licenciements", proposé initialement par les camarades de la CGT GM Strasbourg n'a pas pu se faire.
Pourquoi ? A notre avis, parce qu'il aurait fallu assumer ouvertement "d'aller au baston" contre la direction confédérale. Si une telle banderole reste "tolérable" pour une entreprise isolée, le fait d'apparaître regroupés, en opposition ouverte avec la direction confédérale est encore impossible pour nombre de camarades.

Alors, bien sûr tout au long de la manif, on a vu la répétition du mot d'ordre. Mais éparpillés, isolés, les uns à côté des autres.
Et l'heure est au regroupement, à marcher au combat en rangs serrés et organisés contre la direction réformiste qui nous fait tant de mal. Il ne s'agit pas de faire pression, il s'agit de s'affronter : "des ennemis qui se cachent, pas des amis qui se trompent", c'est notre formule. Il ne s'agit pas seulement de siffler Thibault (ce qui ne fait pas de mal par ailleurs !!!), mais de se regrouper pour proposer une orientation syndicale de classe face à la direction confédérale.

C'est ce que font les camarades de Continental.
C'est ce qu'on fait les camarades de la SEVA sur l'emploi industriel.
C'est ce qu'on fait les camarades de Saint-Gobain pour les sans-papiers.
C'est dans ce sens qu'il faut aller, et c'est de cela qu'il faut discuter à la réunion syndicale de ce Samedi 24 Octobre, à 14h, au CICP, 21ter rue Voltaire 75011 PARIS.


Du rififi à l'union départementale du Val de Marne

http://www.frontsyndical-classe.org/article-du-rififi-a-l-ud-cgt-du-val-de-marne-suite--37548013.html

Frédérique Dupont, protégée de Bernard Thibault, désavouée massivement par le Comité Général des Syndicats CGT du Val de Marne

La secrétaire générale Frédérique Dupont a été le 14 avril massivement désavouée par les syndicats CGT du Val de Marne réunis en Comité Général. Ce désaveu touche directement Bernard Thibault qui contre toute évidence et bien qu'interpelé par de nombreux militants du 94 n'avait cessé de lui apporter son soutien malgré le bilan en totale faillite de cette membre du Bureau Confédéral. Outre la sanction des élections prud'homales, la CGT ayant encore régressé dans le 94 avec une participation de 20% des salariés, les luttes sont dans l'impasse, l'état d'organisation calamiteux avec la perspective en 2009 d'un nouvel affaiblissement du nombre de syndiqués, et une vie démocratique qui est devenue une véritable caricature : ainsi à la commission exécutive de juillet consacrée au 49ème Congrès, on comptait 10 présents, 8 excusés et 40 absents. Passant outre l'avis négatif de son syndicat de base des communaux de Champigny
et de la Fédération CGT des services publics, Frédérique Dupont a fait voter au mépris du nécessaire quorum de sa direction d'UD sa proposition de candidature pour la commission exécutive confédérale.

Cette situation n'est pas nouvelle, en fait elle n'a cessé de se dégrader depuis le 17 ème Congrès d'avril 2008 et même avant. A plusieurs reprises, les dirigeants de l'UD ont cherché à faire comprendre à Frédérique Dupont le besoin de se ressaisir, d'écouter et de respecter les décisions prises collectivement, elle n'en a eu cure ! Son autoritarisme, ses méthodes, sa flagornerie à l'égard de Bernard Thibault et son opportunisme l'on conduit à se couper et à se désengager progressivement de la vie de l'UD. Aujourd'hui plus personne ne lui fait confiance. C'est ce qu'a montré le Comité Général de l'UD.

Celui-ci a donc décidé de mettre un terme au mandat de toute la coordination de l'UD, c'est à dire son exécutif. C'est dorénavant la Commission exécutive qui assumera par une réunion hebdomadaire la direction collective de l'UD et ce jusqu'à un Congrès extraordinaire prévu pour mars 2010.

Cette décision sans précédent dans la vie de l'UD et sans doute dans celle de la CGT n'est pas sans illustrer l'échec dans l'application des méthodes de direction et donc les orientations que Bernard Thibault propose, défend et veut accélérer avec le 49ème Congrès. Elle illustre le malaise grandissant vécu par de nombreux militants et syndicats de base qui constatent non sans inquiétude pour l'avenir de la CGT le fossé qui ne cesse de s'élargir entre une direction coupée des réalités comme des besoins de ses syndiqués et ceux des travailleurs. Une direction qui a complètement déserté le combat de classe pour devenir un partenaire loyal du capital.

Aux critiques qui ne cessent de se multiplier on ne saurait répondre par des sanctions unilatérales voir des procès en justice comme on l'a vu avec l'UL CGT de Douai. Cela suffit, la CGT n'est pas la propriété d'un petit groupe de dirigeants qui en disposent ou comme l'entendent ceux qui à l'extérieure de la CGT rêvent d'une CGT normalisée.

L'affaire Frédérique Dupont illustre ce que les adhérents de la CGT ne veulent plus. La CGT ne peut être le syndicat des copains et des coquins comme cela avait été le cas financièrement et en son son temps avec un certain Georges Letelier pourtant aujourd'hui adjoint du trésorier Administrateur de la CGT : Michel Doneddu.

Le moment est venu de changer, de changer vraiment.


Quarante neuvième congrès de la CGT : Que les bouches continuent de s'ouvrir

La situation est grave pour les travailleurs : délocalisations industrielles, licenciements et chômage de masse, intensification et pénibilité du travail, casse des services publics désossés et privatisés, remise en cause de la protection sociale et du salaire socialisé (sécu, retraites)…

Dans ce contexte, les luttes sont extrêmement nombreuses dans le pays et ce sont ces luttes à la base qui ont assuré la « rentrée sociale » notamment lors de la manifestation du 17 septembre à Paris tandis que les directions syndicales continuaient leur entreprise de démobilisation dans la foulée du premier semestre 2009, en privilégiant les discussions de salon et en délaissant les piquets de grève comme les appels pressants au tous ensemble lancés par les travailleurs en lutte.
Une fois de plus, Chérèque a donné le ton avant la piteuse « journée d'action » du 7 octobre : « Une grève générale de 24 heures ... contre quoi ? On ne va pas faire grève contre la crise. Qu'est-ce qui va unir tous les salariés ? » C'est vrai, on se demande bien ce qui pourrait unir des travailleurs qui souffrent tous ensemble de la casse anti-sociale orchestrée par le MEDEF, le gouvernement et l'UE !

Malheureusement, la direction confédérale de la CGT, de plus en plus éloignée des luttes et des revendications de la base, n'est pas en reste et ne se démarque guère de celle de la CFDT, ni dans les discours, ni dans les pratiques.

C’est pourquoi les critiques au sein de la CGT contre la direction confédérale se font de plus en plus nombreuses et souvent radicales, ce qui peut se comprendre tellement la coupure entre la base et les structures coupées du terrain est désormais béante. De même, beaucoup d’échos indiquent que les débats contradictoires se multiplient dans certaines UD, qui témoignent d'un malaise croissant face au syndicalisme rassemblé au sommet et dans la défaite.

Face à ces débats et à deux mois du congrès de la CGT, les structures permanentes tentent de convaincre la base militante qu'il ne faut pas « se tromper d'adversaire », que « les responsabilités sont collectives » et que les débats doivent rester internes à la CGT, pendant que les comportements anti-démocratiques et les mesures administratives se multiplient contre les militants et les organisations de base fidèles à la lutte de classes.

Nous réfutons cette argumentation. Ce sont les militants CGT et eux-seuls qui doivent trancher de l'avenir de la CGT mais il faut que les débats fondamentaux ne soient pas contournés ni étouffés et qu'ils se déroulent devant les travailleurs, surtout si l'on souhaite que ceux-ci soient plus nombreux à se syndiquer. Faut-il d'ailleurs rappeler qu'en matière de débat interne, B. Thibault s'était lui-même permis de critiquer dans toute la presse le « manque de démocratie dans la CGT » alors qu'il venait d'être battu sur la question du référendum européen de 2005 ?

De plus, assimiler d'une manière ou d'une autre la critique à de la « traîtrise » remet gravement en cause la démocratie syndicale car cela revient à admettre que ceux qui sont en place sont propriétaires de l'organisation.

Enfin, non, les responsabilités dans la CGT ne sont pas collectives. C'est bien l'équipe confédérale qui impulse la dérive de la CGT depuis de longues années et qui refuse d'entendre les appels de sa base. On ne peut associer les naufrageurs et les naufragés qui depuis des années dénoncent la dérive réformiste accentuée depuis la désaffiliation de la FSM et l'adhésion à la Confédération Européenne des Syndicats qui n'est rien d'autre que le bras armé de l'Europe du capital au niveau "syndical".

Et c'est bien parce cette dérive passe de plus en plus mal dans la base CGT que l'état-major cherche aujourd'hui à verrouiller les débats et qu'il espère trouver une porte de sortie dans le changement des structures prévu par le document d'orientation, un peu à la manière des gouvernement qui modifient régulièrement le circonscriptions électorales pour conserver le plus d'élus possibles.

Il est vital pour la CGT et pour l'ensemble des travailleurs que les bouches continuent de s'ouvrir, et que soit clairement posée la question de l'orientation syndicale et des directions qui la portent : poursuivre avec le syndicalisme perdant de ces 20 dernières années ou redéfinir l'orientation de la grande CGT par la renaissance du syndicalisme de classe et de masse qui lutte au quotidien pour la satisfaction des revendications et à long terme pour la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme et la socialisation des moyens d'échange et de production ?

C'est pourquoi les militants CGT du Front Syndical de Classe continueront à intervenir non seulement dans leur organisation syndicale mais aussi devant les travailleurs, y compris pour les appeler à nouveau à se syndiquer et à se réapproprier leurs outils syndicaux. C'est pourquoi le FSC qui a lancé il y a quelques semaines une rubrique « que les bouches s'ouvrent » la poursuivra dans l'optique du 49ème Congrès et qu'il publie aujourd'hui une première contribution (voir page congrès CGT).


Contre l'isolement et l'orientation traître des directions syndicales, les travailleurs en lutte doivent se coordonner au niveau national ! Petite « reprise » ne rime pas avec sortie de crise ! Gaston Lefranc et Ludovic Wolfgang

.

Le PIB (Produit Intérieur Brut) des pays de l’OCDE (pays développés) s’est stabilisé au deuxième trimestre par rapport au premier. Il n’en a pas fallu davantage pour que les politiciens et les médias tentent de nous faire croire que la crise touchait à sa fin ! Mais il n’en est rien : les chiffres du deuxième trimestre s’expliquent principalement par l’énorme effort budgétaire des États, qui ont renfloué au maximum les banques et les entreprises pour enrayer la chute de l’activité. Cela a permis aux grands groupes de limiter les pertes, mais aussi de donner des bonus et des primes à leurs patrons et à leurs plus hauts cadres. Mais ces résultats à court terme, qui n’ont d’ailleurs pas empêché plusieurs millions de licenciements dans le monde, ne sauraient cacher la montagne de dettes publiques qu’ils ont coûtée… et dont la note sera de toute façon, tôt ou tard, payée par les travailleurs.

De plus, la politique de sauvetage du système financier a des limites : les banques centrales, malgré des taux d’intérêt proches de zéro et une très forte injection de liquidités, n’arrivent pas à entraver le spectre de la déflation (baisse des prix), manifeste au Japon (qui a déjà connu la déflation dans les années 1990). Les liquidités injectées n’ont pas relancé le crédit (les banques utilisent les liquidités de la Banque centrale pour éponger leur dette, ce qui limite l’offre, et les entreprises font face à leur problème structurel de rentabilité, ce qui limite la demande). Les investissements ne sont donc pas réellement repartis à la hausse et tout le monde s’accorde pour pronostiquer une persistance, voire une aggravation des taux de chômage, qui ont fortement augmenté partout dans le monde depuis plus d’un an.

Cela démontre l’incapacité des politiques keynésiennes de relance (budgétaire et monétaire). En voulant substituer la dette publique à la dette privée (cette substitution ne pouvant de toute façon pas être totale vu l’ampleur de l’endettement privé), les politiques de « relance » ne font que prolonger la fuite en avant, faire naître d’autres bulles (ce qui se manifeste aujourd’hui par une remontée de la bourse, mais aussi une nouvelle bulle sur certaines matières premières), qui préparent des crises encore plus grandes. Car il n’y a pas d’autre solution que d’épurer la dette globale.

Dans cette situation, deux scénarios sont possibles : le plus probable est que les États seront contraints d’augmenter les impôts et de faire payer les travailleurs pour rembourser la dette (ce qui aura un effet récessif prolongé, en plombant la consommation). L’autre scénario, si la fuite en avant se poursuit trop longtemps, c’est le spectre de l’hyperinflation (hausse des prix), seule solution pour des États superendettés d’éviter la faillite (mais il est possible que les plus faibles d’entre eux s’effondrent malgré tout). Cette hyper-inflation éliminerait la dette
publique, mais avec des conséquences incontrôlables (comme l’explosion du coût des importations)… Deux scénarios qui, dans tous les cas, rendent impossible une sortie de crise rapide.

Partout dans le monde, une « thérapie de choc » pour faire payer la crise aux travailleurs

Il n’y a pas de bonne solution pour les travailleurs dans le cadre du capitalisme. Le 30 juillet, une étude Natixis dirigée par Patrick Artus, a dit clairement les choses, de façon involontairement cynique : « Cet ajustement (baisse du PIB inévitable) peut se faire soit de manière inégalitaire : le taux de chômage monte énormément et les salariés qui gardent leur emploi n’ont pas de baisse de salaire ; soit de manière égalitaire, en baissant les salaires de tous en proportion de la baisse du PIB, de manière négociée, en contrepartie de créations d’emplois. » Les travailleurs seront donc de toute façon mangés, que ce soit à la sauce du chômage ou à celle de la déflation salariale — probablement en fait avec une combinaison des deux.

C’est ce que l’on peut d’ores et déjà constater aux États-Unis. Au deuxième trimestre, la production a baissé d’1,7% par rapport au premier, mais le nombre d’heures travaillées de 7,6%, ce qui signifie une hausse de la productivité du travail de 6,4%. Cela s’explique non seulement par un plus grand nombre de licenciements et de suppressions d’emplois dans les secteurs à forte main-d’oeuvre (et productivité moindre), comme le bâtiment frappé de plein fouet par la crise du crédit, mais aussi par une forte intensification du travail, imposée aux travailleurs sous la pression du chômage. Cette hausse de la productivité est allée intégralement dans la poche des patrons puisque les salaires ont augmenté de seulement 0,2%. Compte tenu de l’inflation, cela signifie que le revenu réel des salariés occupés a baissé d’1,1%. Voilà la signification de la « reprise » : une forte accentuation du degré d’exploitation et un
appauvrissement absolu du prolétariat !

En Allemagne, les licenciements de masse ont été jusqu’à présent évités, grâce aux mesures de réduction du temps de travail et de chômage partiel, lequel touchait 1,4 million de salariés en mai dernier (contre 180 000 en France). Mais cela ne peut durer qu’un temps. Malgré la stabilisation du deuxième trimestre, le PIB de 2009 sera en baisse d’environ 6% par rapport à celui de l’an passé, la production industrielle ayant même un niveau de 25% inférieur. De plus, l’effet du plan de relance de 80 milliards d’euros sur deux ans ne suffira pas à pallier la baisse de la consommation américaine et donc la chute des exportations, secteur moteur de l’économie allemande (47% du PIB, contre 27% en France). C’est pourquoi un rapport intitulé « Propositions pour une politique industrielle durable », commandité par le ministre allemand de l’Économie, énonce des mesures brutales que les patrons exigent pour faire face à la
crise : « soulagement fiscal des entreprises », « réduction des coûts salariaux » et « flexibilité accrue du marché du travail », réduction de la protection vis-à-vis des licenciements, réduction du versement du salaire en cas de maladie et abandon des propositions de salaire minimum garanti… C’est cette politique que devra mettre en oeuvre, d’une façon ou d’une autre, le gouvernement qui sortira des législatives du 20 septembre, qu’il soit une nouvelle mouture de la coalition CDU-SPD ou que celle-ci vole en éclats. Cela ne fera d’ailleurs que prolonger et aggraver les attaques subies par les travailleurs : depuis dix ans, et « grâce » principalement au gouvernement social-démocrate de Schröder, les salaires ont été bloqués et les inégalités ont explosé. Entre 1998 et 2008, les coûts salariaux unitaires ont progressé de 4,4% (contre 19% en moyenne dans la zone euro). La part des salaires dans la valeur ajoutée a
baissé de 4,1 points entre 2000 et 2007 (contre 0,8% en France sur la même période).

Partout dans le monde, la crise révèle mieux encore que les périodes de croissance l’absurdité du système capitaliste : les moyens de production inutilisés et la masse de chômeurs permettraient de produire rationnellement pour la satisfaction des besoins de tous, mais la logique de la rentabilité capitaliste s’impose aujourd’hui comme une « thérapie de choc » internationale pour sauver le système, aux dépens des conditions de travail et de vie des travailleurs. Dans le même temps, les guerres et occupations néocoloniales de l’impérialisme se poursuivent (Irak, Afghanistan, Afrique…) et, en organisant un coup d’État au Honduras, l’impérialisme nord-américain répond à la fragilisation de son hégémonie internationale en accroissant tout particulièrement sa pression contre les peuples d’Amérique latine… Tout cela ne peut que renforcer les raisons de combattre pour en finir avec ce système inhumain…

La situation en France

En France, le chômage partiel dans l’automobile est en recul (avec même, dans certains cas comme chez PSA Mulhouse, un retour de la surexploitation par des semaines à rallonge), mais les licenciements d’intérimaires et ceux liés aux fermetures d’entreprises continuent. Profitant de la défaite des mobilisations du premier semestre, qui l’ont renforcé politiquement, le gouvernement a fait passer ou annoncé cet été de nouvelles attaques : adoption définitive de la loi Bachelot contre l’hôpital public et de la loi de mobilité dans la Fonction publique qui autorise les licenciements, extension du travail du dimanche (sans compensation dans les zones touristiques), régionalisation du financement de la formation professionnelle publique (étape vers sa privatisation), transformation de la poste en société anonyme dès le 1er janvier 2010 (préalable là aussi à sa privatisation pure et simple), préparation d’une « taxe carbone »
pesant avant tout sur les ménages populaires, projet de supprimer le droit de partir à la retraite à 60 ans et, pour les femmes, mise en cause des droits à une retraite anticipée dus à la maternité…

En même temps, le gouvernement mène tambour battant sa politique répressive contre celles et ceux qui résistent à sa politique : emprisonnement de Gérard Jodar, président de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités) et poursuites contre 27 autres
syndicalistes de l’USTKE engagés dans un conflit contre la compagnie aérienne Aircal et qui s’étaient réfugiés le 28 juin dans deux avions sur l’aérodrome de Nouméa pour se protéger d’une charge policière (cf. ci-dessous notre article sur la Kanaky) ; licenciements d’électriciens et gaziers grévistes ; condamnation collective (sans la moindre preuve individuelle) de six salariés de Continental accusés d’avoir saccagé la sous-préfecture de Compiègne ; procès contre de nombreux autres syndicalistes, travailleurs et jeunes mobilisés au printemps ; multiples attaques et provocations contre les habitants des quartiers populaires, notamment les jeunes… Le gouvernement cherche même à utiliser la grippe A pour renforcer le pouvoir patronal : une circulaire terrifiante indique qu’en cas de passage en phase 5B ou 6 de la pandémie, l’employeur pourrait « adapter l’organisation de son entreprise et le travail des salarié
». Le volume horaire de travail ou le nombre de tâches à effectuer pourrait, par exemple, augmenter « par décision unilatérale de l’employeur ». Et de préciser entre parenthèses que « le refus du salarié, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement ». Circulaire manifestement en contradiction avec le droit du travail actuel, mais qui indique clairement vers quoi on se dirige…

Du côté des travailleurs, le besoin et la volonté de résister se heurtent au bilan du premier semestre : le puissant cycle de luttes, porté par une mobilisation de masse dès le 29 janvier et par le souffle de la grève générale antillaise, a débouché sur une nouvelle série de défaites, due avant tout à la stratégie de trahison des directions syndicales (cf. nos articles de bilan dans le précédent numéro). Cela pèse fortement sur le moral des travailleurs, tout particulièrement dans le secteur public ou semi-public qui composait encore la grande majorité des cortèges en début d’année, et il est peu probable que cet automne soit marqué par des mobilisations comparables. En revanche, on peut pronostiquer que les luttes de travailleurs du privé contre les licenciements vont se poursuivre : l’entrée en lutte du prolétariat industriel en réponse à la
crise, qui a été l’un des traits marquants du premier semestre, peut devenir désormais centrale dans la lutte de classe en France. Pour les militants du mouvement ouvrier, la tâche principale est de contribuer à ces luttes et d’aider à leur coordination nationale. Les directions syndicales persistent et signent dans leur refus d’affronter patronat et gouvernement

Cela s’oppose frontalement à l’orientation des directions syndicales (liées les unes au PS bourgeois, les autres aux réformistes sans avenir du PCF ou du PG) : elles ont laissé ces luttes isolées les unes des autres depuis le début de l’année, boycotté la manifestation appelée par les travailleurs de New Fabris le 31 juillet à Châtellerault, refusé de soutenir les travailleurs de Continental poursuivis devant les tribunaux…

Les bureaucrates syndicaux assument d’ailleurs clairement leur politique. Pour François Chérèque (CFDT), la convergence des luttes n’est ni possible, ni souhaitable : « Entre l’enseignant qui fait sa rentrée dans une classe surchargée, l’infirmière qui va devoir gérer une épidémie de grippe A et des salariés qui se retrouvent en chômage partiel, qu’est-ce qui est unificateur ? »

La direction de la CGT est sur la même longueur d’ondes : Maurad Rhabi, bras droit de Thibault, a déclaré dans Le Parisien du 25-26 juillet : « Il n’y aura pas de grève générale. Le grand soir, c’est dans les livres. » Mohamed Oussedik, un autre bureaucrate de la CGT, a affirmé que la généralisation des luttes est contraire à l’intérêt des salariés. Quant à Thibault, il a affiché sa complicité avec Chérèque à l’université d’été de la CFDT et les deux confédérations appellent ensemble à la prétendue journée de mobilisation internationale, sans appel à la grève, organisée le 7 octobre par la CSI (Confédération syndicale Internationale) pour le « travail décent »… et la collaboration des travailleurs à la « bonne gouvernance » des États et des patrons.

Quant à la direction de FO, elle propose d’appeler à une « grève inter professionnelle de 24 heures », mais, en l’absence de perspective, sans volonté de rompre avec le gouvernement et de l’affronter, sans plan pour aller jusqu’au bout par la construction d’un mouvement d’ensemble débouchant sur une véritable grève générale, sans le moindre effort pour coordonner les luttes à tous les niveaux… on ne peut que retomber dans la logique des « journées d’action » espacées qui, au premier semestre, ont fait une fois de plus la preuve de leur inefficacité. Au demeurant, contrairement au début de l’année, l’unité des directions syndicales n’est plus qu’une fiction aujourd’hui.

Cependant, cette politique des bureaucrates comporte un risque majeur : comme l’écrit Le Monde, « sans perspective claire de mobilisation nationale, les syndicats sont confrontés au même défi que le gouvernement : le risque d’embrasement d’un conflit local ». C’est d’autant plus vrai que les directions syndicales ont grillé une de leurs cartouches essentielles en décrédibilisant leur propre tactique des journées d’action espacées et auraient donc plus de mal que naguère à canaliser par ce biais dans un cadre traditionnel une explosion sociale de niveau national. En outre, leur politique se heurte à une résistance et à une colère croissantes à la base des syndicats : Xavier Mathieu, délégué CGT de Continental à Clairoix, en est devenu le symbole médiatique en dénonçant à la radio l’orientation de Thibault et en le traitant de « racaille ». Mais surtout, de nombreuses prises de position de syndicats locaux de la
CGT en faveur de la convergence des luttes et d’un mouvement d’ensemble coordonné montrent que la montée en puissance d’une contestation radicale des directions syndicales est à l’ordre du jour.

Pour les révolutionnaires et les diverses organisations qui se réclament de l’anticapitalisme, l’intervention immédiate dans la lutte de classe se concentre sur une double tâche prioritaire :

Coordonnons et centralisons les luttes contre le patronat et le gouvernement !

Comme l’explique à juste titre la direction du NPA, il s’agit d’abord d’aider les travailleurs à coordonner leurs luttes contre les licenciements, en soutenant toutes les initiatives allant en ce sens (comme le comité de résistance ouvrière de la Meuse, la manifestation appelée par les New Fabris le 31 juillet, la rencontre d’équipes syndicales combatives à Blanquefort le 5 septembre…) et en investissant les cadres qui peuvent y contribuer (telle la manifestation nationale du 17 septembre, certes appelée par les fédérations CGT de la métallurgie, de la chimie et du textile sans base revendicative claire et sans volonté d’impulser une mobilisation de masse, mais dont se sont immédiatement saisis les collectifs de travailleurs des principales entreprises en lutte). Il est juste également de préparer les marches régionales appelées par les états généraux contre le chômage et la précarité et de constituer partout des «
collectifs de préparation », comme le propose la direction du NPA.

Mais il faut aller plus loin en continuant à combattre pour une manifestation nationale contre les licenciements — objectif défendu au premier semestre par des organisations comme le POI et le NPA, mais dont la direction du NPA ne parle plus ni dans ses notes de rentrée, ni dans son projet de résolution pour le Collectif politique national (CPN) des 19-20 septembre, ni dans le journal Tout est à nous !

Pourtant, nous ne pouvons en aucun cas nous contenter de l’appel aux marches régionales contre le chômage et la précarité, même s’il reçoit beaucoup de signatures d’organisations. Nous ne pouvons pas non plus nous contenter de « collectifs de préparation » qui se réduiraient aux représentants de ces organisations. Nous devons au contraire concentrer tous nos efforts pour construire des collectifs de lutte en priorité dans les entreprises, qui développeraient l’auto-organisation des travailleurs et se fédéreraient en un véritable collectif national contre les licenciements. Celui-ci rassemblerait les délégués des entreprises en lutte, intégrant les syndicats combatifs, et pourrait élaborer une orientation alternative à celle des directions syndicales. Il aurait alors la légitimité pour appeler à la manifestation nationale contre les licenciements, non comme une nouvelle « journée d’action », mais comme une véritable
initiative politique permettant d’affronter le patronat et le gouvernement en centralisant les luttes actuellement dispersées. Cela contribuerait de façon décisive à faire avancer les conditions d’une nouvelle montée des luttes qui remettrait à l’ordre du jour la grève générale.

Construisons enfin le courant intersyndical de lutte de classe dont nous avons besoin pour affronter les bureaucrates dans nos syndicats !

De manière indissociable, il faut constituer enfin un courant organisé dans les syndicats, capable d’agréger les militants et équipes qui agissent avec une orientation de lutte de classe, incluant le combat contre l’orientation des bureaucrates, pour la réappropriation des syndicats par les travailleurs. Un tel courant intersyndical, qui défendrait ses positions dans les AG et les instances des syndicats (tout en combattant pour la démocratie ouvrière en leur sein), ne saurait être une émanation pure et simple de telle ou telle organisation politique d’extrême gauche, mais devrait regrouper les militants et équipes de lutte de classe au-delà des différentes sensibilités politiques.

L’objectif d’un tel courant, défendu depuis plusieurs années par certaines organisations, a été adopté également au congrès de fondation du NPA (et avant par la LCR) et des militants en expriment ouvertement l’impérieux besoin, mais un certain nombre de ses dirigeants et cadres renâclent, comme on a pu le constater aux réunions de l’université d’été où cette question a été abordée… Les uns craignent une répression de la part des bureaucrates, alors que l’isolement et la dispersion des militants lutte de classe constituent en fait le plus grand facteur de risque à cet égard, si du moins on ne se résout pas à faire profil bas... D’autres avancent des soucis tactiques en considérant que les conditions ne seraient pas encore mûres et qu’il faudrait attendre indéfiniment l’émergence spontanée de structures radicales… Mais, à l’heure où les luttes du prolétariat industriel réapparaissent à un niveau
significatif, au moment où les directions syndicales sont de plus en plus contestées par les militants et travailleurs combatifs, il serait irresponsable de continuer à tergiverser. Quel que soit leur syndicat, des centaines de militants syndicaux membres du NPA et d’autres organisations politiques, comme d’autres centaines de syndicalistes combatifs (certes souvent minoritaires dans leur structure), attendent une initiative forte pour lancer rapidement, sous une forme ou sous une autre, ce courant intersyndical de lutte de classe : ce sera un instrument décisif pour aider à la coordination des militants, des équipes et des travailleurs en lutte.

(10 septembre 2009)


http://tendanceclaire.npa.free.fr

http://fischer02003.over-blog.com/article-36236439.html


Vous avez dit collaboration ? Documentation : Roger Silvain , président du Front Syndical de Classe

Pendant que les bases syndicales se battent contre la régression sociale tous azimuts et notamment contre la casse de l'industrie et les délocalisations, au sommet, on ne parle plus que syndicalisme d'accompagnement, cogestion, intégration aux institutions du dialogue social, négociations à froid, ...
Pour ceux qui doutent encore du glissement de la CGT sur des bases d’accompagnement et de gestion de la crise, il n’y a qu’a voir les prises de position progressives engagées dans la dernière période et le développement d’organismes travaillant de concert avec les structures gouvernementales et patronales ; c’est l'heure des experts de tous bords que l’on retrouve dans les organisations prêchant une accélération du moule Européen.
Après le cas de JC Le Duigou, membre de la Commission de Régulation de l'Energie chargée entre autres de veiller « à ce que les conditions d’accès aux réseaux d’électricité et de gaz naturel n’entravent pas le développement de la concurrence », le FSC communique quelques éléments concernant le groupe Alpha.

Afficher le dossier:


Luttes, Quarante neuvième congrès de la CGT : militants du terrain, tout dépend de vous, par le bureau du Front Syndical de Classe, 31 août 2009

http://www.frontsyndical-classe.org/article-35474278.html

http://www.fischer02003.over-blog.com/article-35723616.html

C'est à partir des années 1980 avec l'arrivée de la « gauche de gouvernement » aux affaires que la confédération CGT entre de plain-pied dans la théorie portée par la social-démocratie européenne : rompre avec le capitalisme n'est plus une nécessité mais il s'agit d'espérer le transformer en intervenant dans sa gestion. Place donc désormais à la négociation et à l'entente avec le Capital, qui vit de l'exploitation de la force de travail des salariés, afin de faire accepter une exploitation « décente », « responsable », « sociale » voire « durable », sans remettre en cause le pouvoir de ce Capital qui s'appuie sur sa propriété des moyens de production et d’échange pour casser l'emploi et les salaires, le droit du travail, pour délocaliser...

Rendre le capitalisme « social » tout en laissant aux capitalistes les commandes réelles, voilà, sous couvert de modernité et d'adaptation à la réalité, cette quadrature du cercle qu'est la collaboration de classes devenue stratégie de l'état-major CGT, laissant sur le bord de la route l'orientation de naissance du syndicalisme de classe : mener la lutte de classe en rassemblant les travailleurs, lutter au jour le jour pour augmenter la part du travail payé et réduire l’exploitation capitaliste, en rappelant qu’il n'est possible d’en finir avec cette exploitation que par la socialisation des moyens de production et d'échange.

Fin août 2009, après 30 ans de reculs sociaux considérables, les symboles de ce syndicalisme perdant, B. Thibault et F. Chérèque, lors des « rencontres estivales » de la CFDT, déclarent main dans la main que les « manifestations ont montré leurs limites ». Ils refusent l'organisation d'une journée nationale de grève et entendent obtenir des « inflexions » à la politique du gouvernement (B. Thibault) et ne pas sous-estimer les « avancées obtenues » (F. Chérèque), sous les applaudissements de la Confédération Européenne des Syndicats qui ne cesse de promouvoir l'accompagnement syndical du capitalisme, en pleine déroute dudit capitalisme.

La situation des travailleurs (travail du dimanche, casse des retraites et de la Sécu, chômage de masse et délocalisations, baisse des salaires et explosion de la précarité, casse des services publics et du statut de la Fonction publique (Education, Poste, Hôpitaux...), répression anti-ouvrière) serait-elle si bonne qu'on se félicite des « avancées » ou qu'on quémande seulement des « inflexions » ?

Comment ne pas comprendre alors la colère des nombreux syndiqués et travailleurs constatant que la forte combativité populaire du premier semestre 2009, des ouvriers de l'automobile aux étudiants et aux universitaires, en passant par les électriciens-gaziers ou les marins-pêcheurs a été menée dans l'impasse par une stratégie aberrante de refus des luttes débouchant sur le fiasco de la journée du 13 juin ? Ou que l'exemplaire lutte de Guadeloupe et de Martinique, prenant forme de grève générale, n'a jamais été défendue par les directions confédérales ?

Comment ne pas soutenir l'expression de nombreux délégués syndicaux d'entreprises en lutte contre les fermetures d'usines qui ont été laissés seuls face au patronat et au gouvernement et à qui a été refusée pendant des mois la construction d'actions convergentes, notamment dans le secteur de l'automobile ? Et qui en prime ont été dénigrés par des secrétaires confédéraux CGT expliquant que leurs luttes « radicales » n'étaient pas des exemples à suivre, qu'elles risquaient de desservir l'action syndicale et que la grève générale était proscrite car « le grand soir c'est dans les livres ».

Bien entendu, le refus de la lutte et de l'unité des travailleurs dans l'action pour gagner n'est guère surprenant venant de dirigeants de la CFDT, qui, de 1995 à aujourd'hui en passant par 2003, ont pour mission de casser toute mobilisation et de signer les accords les plus régressifs avec les gouvernements et le patronat.

Mais alors que les syndicats et les militants CGT de base se battent avec acharnement contre la casse sociale et l'exploitation patronale, la ligne d'abandon des principes de classe est en passe de tuer la « grande dame » combative de 1936, 1945 ou 1968 à qui les travailleurs de France et leurs acquis doivent tant. Au point que la direction confédérale actuelle portera une lourde responsabilité dans la perte d'acquis sociaux résultant de près d'un siècle de combat dont certains ont été gagnés par le sang des résistants contre l'hitlérisme.

Alors que la crise et l'offensive antisociale du Medef, du gouvernement et de l'UE vont encore s'accentuer, le moment est venu de rompre avec cette orientation désastreuse pour les travailleurs et pour la CGT elle-même. Cela suppose que les bouches s'ouvrent, en particulier dans l'optique du 49ème congrès CGT du mois de décembre.

En effet, le document d'orientation préparé par la direction confédérale reprend l'essentiel de son analyse de ces dernières années : évacuation de la lutte des classes au profit de l'intervention dans la gestion, célébration du syndicalisme rassemblé mais impotent, de ses résultats (!) et de l'action de la CES. Aucune autocritique, la stratégie est la bonne, il faut l'amplifier.

Mais un problème de taille se pose que révèlent les nombreuses prises de position d'organisations et de militants de base CGT. Cette réalité est d'ailleurs confirmée par l'enquête diligentée par la Confédération en juillet auprès des UD et des Fédés et dont les remontées sont très claires : si la ligne est approuvée par l'appareil permanent, elle ne passe pas dans les syndicats : « nous avons du mal à être écoutés », déplorent les cadres intermédiaires.

Rien de plus logique alors pour la direction confédérale : si la base résiste, c'est qu'il y a un problème d'efficacité, c'est que les structures, qui laissaient s’exprimer la base, sont obsolètes. Le document d'orientation propose en conséquence la remise en cause des syndicats d'entreprise et du fédéralisme et programme leur remplacement par de nouvelles structures « à la carte » validées par une commission confédérale d'affiliation en fonction de leur adaptation à la ligne confédérale. Adieu donc à ce qui a fait la richesse de la CGT : la conf' n'est plus la coordinatrice mandatée par la base mais, depuis Montreuil et les bureaux de la CES à Bruxelles, elle dirige, valide ou exclut : la démocratie syndicale est supplantée par le centralisme bureaucratique.

Ainsi serait définitivement verrouillé le recentrage confédéral et, après la mise en place du Cogetise au congrès précédent, l'état-major confédéral disposerait de tous les moyens pour mettre au pas les organisations de base encore largement imprégnées de lutte de classes – avant de les exclure.

L'enjeu est de taille pour les syndiqués CGT et, au-delà, pour l'ensemble des travailleurs. Mais les jeux ne sont pas faits car la résistance à la dérive confédérale progresse, à mesure que s’accumulent les dégâts occasionnés par sa stratégie d'accompagnement de l'offensive capitaliste.

De nombreuses entreprises cherchent à bâtir une coordination des luttes à partir de l'appel des New Fabris ; de nombreux syndicats de base de la Chimie et de la Métallurgie de la filière automobile ont réussi à obtenir de leurs fédérations l'organisation d'une journée d'action avec grèves et rassemblement le 17 septembre devant la Bourse à Paris, qui peut créer une dynamique et favoriser d’autres mobilisations public/privé sur les salaires, les retraites, la protection sociale etc..

C'est pourquoi le quarante neuvième congrès peut et doit être autre chose que ce que veulent en faire les stratèges de Montreuil. Souvenons-nous de la défaite cuisante du bureau confédéral au sujet du référendum européen de 2005.

Cela suppose qu'à l'exemple de la CGT Continental, de la CGT Goodyear Amiens ou de l'UL CGT de Douai, les bouches continuent de s'ouvrir à la base et que des liens se tissent pour unir toutes les forces qui entendent se battre pour la défense du syndicalisme de classe. Le Front Syndical de Classe poussera de toutes ses forces en ce sens et propose d'ores et déjà une rencontre publique unitaire à la fin du mois d'octobre.

Enlisement réformiste à marche forcée ou renouveau sur des bases de classe et de masse : du développement des luttes en bas et de l'intervention des syndiqués dépendent l'avenir de la grande CGT et des acquis des travailleurs.

.


Grève du 29 janvier et Plate-forme intersyndicale du 5 janvier , ouvrir la voie à la contre-offensive ouvrière, par Emile Fabrol de la revue Prométhée.

(17 janvier 2009)

Le 29 janvier sera une journée de grève interprofessionnelle. Nul doute que les victimes de la crise capitaliste et de la politique de guerre sociale conduite par Sarkozy vont s'en saisir, et c'est tant mieux ! Ainsi s'exprimera une fois de plus le rejet massif de la politique sarkozyste et des choix patronaux. Pourtant un constat s'impose : quelque soit l'ampleur de cette journée, pas un travailleur, pas un jeune, ne peut croire qu'une mobilisation sans lendemain soit de nature à permettre ne serait-ce que d'infléchir la politique du gouvernement.

C'est un fait que la défense de nos acquis, des services publics, voire même des libertés passe par le fait d'infliger une défaite décisive à Sarkozy et au MEDEF. A l'évidence, encore, une de ces « journées d'action » dont les appareils syndicaux ont le secret n'y suffira pas (si tant est que ce soit l'objectif de Chérèque, de la direction de la CFTC, ou d'autres.).

La recherche d'un réel affrontement avec le gouvernement UMP et le MEDEF nécessite de :


• Faire émerger des revendications concrètes et mobilisatrices.
• Construire la mobilisation pour que le 29 janvier ne soit pas une nouvelle journée sans lendemain. C'est à partir de là que doit se mener la discussion sur l'appréciation de la plate-forme intersyndicale du 5 janvier 2009.

Une plate-forme de lobbying, pas d'un front syndical de classe

Il faut lire de près la plate-forme adoptée par les organisations appelant au 29 janvier : CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, FSU, UNSA et même... Solidaires (!). Beaucoup de commentateurs ont noté le style de ce document. C'est une nouvelle concrétisation de ce que signifie le ralliement du gros du mouvement syndical à la Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI).

Rappelons-le : CES et CSI ont été constituées pour étouffer le syndicalisme revendicatif, de classe, dont les revendications se construisent en toute indépendance de l'État comme des patrons. Le syndicalisme à la sauce CES-CSI, c'est un « syndicalisme » conçu comme un « corps intermédiaire » profondément intégré à la société capitaliste et dont l'objectif se borne à « influencer les pouvoirs publics ». Ainsi, il n'est pas neutre d'écrire : « Les organisations syndicales … ont décidé d’interpeller les entreprises, le patronat et l'État. ». On ne saurait dire plus clairement que l'objectif est de « dialoguer » avec le gouvernement et le patronat – comme s'il pouvait en résulter quelque chose de bon pour le monde du travail !

D'ailleurs pour que les choses soient claires, l'appel demande de « respecter le dialogue social ». On sait que ce « dialogue » est la forme concrète que prend depuis plusieurs années la collaboration patronat-syndicats. En appeler à un tel « dialogue » est donc tout sauf neutre : par là-même, les organisations signataires « revendiquent » de Sarkozy et du MEDEF d'être (encore) plus étroitement associés à l'élaboration et la mise en de leur politique (comme la récente signature par la direction de la CFDT de l'accord sur l'assurance-chômage).

Le capitalisme comme seul horizon....
Il est vrai que les dirigeants des organisations signataires n'ont d'autre horizon que l'économie de marché et ses exigences : « Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes », écrivent-ils, reconnaissant ainsi qu'elles en règlent pas mal au moment où ce système montre justement toutes ses limites ! Mieux – ou pire – en écrivant cela les signataires s'engagent à respecter « les lois du marché ».

• Mais peut-on attendre autre chose d'individus qui s'expriment comme des politiciens réactionnaires ou social-libéraux ? « Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique. ». La « relance » est aujourd'hui l'obsession de tous les politiciens et économistes de la bourgeoisie (Sarkozy en a fait son credo). C'est en son nom qu'on renfloue généreusement les banques et distribue sans compter aux capitalistes, inévitablement au détriment du monde du travail. Cette pseudo-revendication n'aboutit donc (mais n'est ce pas l'objectif ?) qu'à se situer sur le terrain patronal et sarkozyste. La seule revendication ouvrière pour éviter que le monde du travail ne paie la crise capitaliste, c'est la nationalisation des industries clé. Évidemment, demander à la CFTC, à la CFDT ou encore à la CGC et l'UNSA de faire leur une telle revendication est impensable. En un sens tout le problème de cet appel est là !

• On lit aussi dans la plateforme que les organisations syndicales considèrent qu'il est « de la responsabilité de l'État et de l’Union Européenne de décider de politiques d’interventions publiques coordonnée favorisant une relance économique.. » Ce qui est très exactement ce que dit Sarkozy (notamment face à Merkel). Passons rapidement sur ce que signifie le fait de demander à Trichet et à sa BCE de mettre en oeuvre une politique sociale, pour constater l'essentiel : les organisations signataires endossent l'Europe de Maastricht, de la « concurrence libre et non faussée »...

• Dans la même veine, on peut lire : « La « règlementation [de la sphère financière internationale] doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l’opacité du système financier international et encadrer les mouvements de capitaux. L’Union européenne doit être au premier plan pour l’exiger ». Là encore, on constate que ces grandes déclarations sont en phase avec l'Élysée. Par contre pas question de défendre la vieille revendication de la levée des secrets bancaires et commerciaux...

• On notera aussi que cette plateforme reprend les délires des économistes du Capital et d'Obama lui-même sur l' « économie verte » : « Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d’une économie du développement durable mettant en oeuvre les principes adoptés au Grenelle de l'environnement. » L'essentiel est que sur ce terrain aussi, la convergence avec Sarkozy se réalise.

• Comment, aussi, ne pas sursauter lorsqu'on lit : « Dans toutes les entreprises… c’est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée. ». Là, on recourt carrément au discours patronal. Performance ? Laquelle ? Mesurée sur quels critères ? Au service de qui ?

• Même remarque concernant la clause suivante : « La crise économique … met à mal la cohésion sociale.. ». Qu'est-ce que la « cohésion sociale » ? Sous ce terme on désigne la cohésion capital-travail, un des fondements du capitalisme auquel le mouvement ouvrier est historiquement opposé.

Syndicalisme d'accompagnement

« Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties. Elle doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi. Elle doit faire l’objet d’une information et d’un avis préalable des élus représentant les salariés. Dans le cas spécifique du secteur bancaire, l’utilisation des aides publiques doit donner lieu à un contrôle direct par l'État. ». On sait que partout dans le monde, le renflouement du capital financier sur fonds publics a fait scandale. Cela n'empêche pas les organisations signataires d'en accepter le principe – au lieu d'exiger l'expropriation du Capital financier.

Le lecteur constatera aussi que les organisations signataires ne revendiquent pas l'arrêt de la RGPP, cadre de l'offensive contre les fonctionnaires et les services publics : « face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des réformes porteuses de progrès social ». Bien au contraire, elles annoncent leur disponibilité pour participer au « dialogue social » préalable à la destruction du statut des fonctionnaires.

« Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités. » Quel esprit d’offensive ! Pourquoi n’évoquer que la négociation et ignorer la lutte directe ? En tout cas, chacun est prévenu : pas question de revendiquer le rattrapage du pouvoir d'achat. Mais surtout : la crise capitaliste met à l'ordre du jour la vieille revendication d'échelle mobile des salaires, d'indexation des salaires sur les prix. De cela, pas un mot....

« Les entreprises confrontées aux baisses d’activité utilisent des mesures de sauvegarde d’emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés… Toutes ces mesures doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y être conditionnées. Les entreprises doivent améliorer l’indemnisation du chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier. ». On sait que le chômage partiel est utilisé par les patrons pour reporter sur les salariés le fardeau de la crise capitaliste. C'est pourquoi nous revendiquons l'interdiction des licenciements, le maintien du salaire. Évidemment, Chérèque, Le Duigou et leurs partenaires ne sauraient nous suivre dans une voie incompatible avec l'économie de profit. On est en plein dans le « syndicalisme d'accompagnement ».

Il est vrai que les mêmes écrivent « Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux. » Autrement dit, les signataires endossent la politique sarkozyste de « réduction du coût du travail ». C'est notamment la raison principale du trou de la Sécurité sociale et ce qui la conduit inexorablement à sa destruction. Ils se bornent à la conditionner à la signature d'accord avec le patronat. Ce qui les conduira inévitablement à être « raisonnables » dans la logique de l'accord sur la représentativité syndicale signé par la CGT (et SUD dans la Fonction Publique).

Un texte de convergence avec Sarkozy et le patronat

En définitive, on ne trouve dans ce texte que fort peu de « revendications » qui pourraient se discuter. Nous en avons identifié exactement trois :


• « abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail »
• « retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche »
• Dans le public, « renoncer aux 30.000 suppressions de postes » Par contre, on ne trouve trace de mots d'ordre comme le retrait de la contre-réforme de l'audiovisuel, celui du projet de réforme hospitalière, de l'offensive contre l'enseignement public (en particulier le refus de co-élaborer la nouvelle mouture de la réforme Darcos pour le secondaire), l'augmentation générale des salaires, la défense du droit à la retraite, pur ne parler que des sujets brulants de l'heure. Et plus généralement, pas un mot sur Sarkozy et son gouvernement ! Pas un traître mot !

On comprendra donc aisément qu'un militant de lutte de classe ne saurait endosser une telle plate-forme ni de près ni de loin. Elle ne vise qu'à mettre le mouvement ouvrier à la remorque de Sarkozy.

Un enthousiasme étonnant

Pour toutes les raisons citées plus haut, il est donc impossible de suivre D. Mezzi (Rouge du 8 janvier), lorsqu'il écrit « il faut cependant remonter loin en arrière pour retrouver un texte syndical unitaire avec un minimum de contenu ». Le seul défaut qu'y voit Mezzi est le « flou » de ce texte, qu'il autorise «des pratiques contradictoires dans les faits ». Il en tire comme conclusion qu'il faudrait « préciser les revendications » en construisant des « espaces de débat ». Autrement dit, l'objectif serait de se mettre en position d'amender, de compléter la prose – qui n'a rien de « flou » des directions syndicales.

Malheureusement pour les lecteurs de Rouge, Mezzi ne s'arrête pas là : « La plateforme adoptée le 5 janvier par les huit organisations syndicales nationales (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA) peut ouvrir une nouvelle phase pour dynamiser la journée du 29 janvier. Il s’agit bien de pousser vers une vraie grève générale interprofessionnelle, ouvrant des suites pour que les exigences des populations se fassent enfin entendre face à la crise.». Pas moins.

Décidément, si on suit Mezzi, il faudra bien en conclure qu'on a beaucoup exagéré quant à la nocivité des bureaucraties syndicales. Remarquons quand même que l'enthousiasme du camarade est raisonné : « Mais ce n’est pas gagné d’avance. Cela nécessite une appropriation collective, dépassant les formules très générales, en vue de préciser les revendications, dans les entreprises, les branches, les secteurs mobilisés, qui ne se contenteront pas du plus petit dénominateur commun. » Bref, tout dépend de la classe ouvrière : va-t-elle saisir l'opportunité que lui offrent Chérèque, Le Duigou ou Mailly ?

En dernière analyse, notre désaccord avec Mezzi est là. Nous considérons que Le Duigou, Aschieri, et les autres collaborent le gouvernement, et que cela se matérialise encore dans la façon dont ils « cadrent » le 29. Mezzi, quant à lui, considère simplement qu'ils sont maladroits et leur prodigue généreusement ses conseils avisés. Il y a là, à l'évidence un désaccord de fond [1].

Saisir l'opportunité politique

Répétons-le : il y a peu de doute que le 29, la classe ouvrière, dans ses profondeurs, utilise l'appel à la journée d'action pour exprimer son rejet de la politique du MEDEF et de Sarkozy. L’objectif des directions syndicales étant en l’occurrence d’ouvrir une fois de plus les soupapes de la mobilisation salariale au rythme, devenu routinier ces dernières années, d’un « temps fort » tous les trois mois. Sans doute cela aboutira-t-il au soir du 29, à une proposition gouvernementale de renforcer encore la collaboration entre syndicats et gouvernement.

En d'autres termes, le 29 ne sera une étape de la contre- offensive ouvrière que si le monde du travail fait bouger les lignes, qu'il impose aux directions syndicales qu'elles rompent avec ce gouvernement, ce qu'elles ne feront évidemment que contraintes et forcées. Dans certaines villes, des militants syndicaux se disposent pour organiser des réunions syndicales sur cet axe : pour que le mouvement ouvrier s'engage dans la préparation de l'affrontement avec le gouvernement sur la base d'authentiques revendications : ce qui implique le refus de la politique du « dialogue social », du « diagnostic partagé », de l'intégration au capitalisme.

Il nous semble que c'est la seule voie possible pour les militants de lutte de classes. Mais cela nécessite de ne pas prendre les vessies bureaucratiques pour les lanternes de la lutte de classes.

Prométhée

Le 17 janvier 2009

1.-Notons toutefois qu'un article de rectification a été publié dans Rouge du 15 janvier. Yvan Lemaitre y écrit : « Il s’agit de faire de cette journée [le 29 janvier] un mouvement d’ensemble de tous les travailleurs, précaires, chômeurs, jeunes, une grève générale qui prenne une dimension politique, celle de la contestation du gouvernement Sarkozy. » Constatant que la plate-forme du 5 janvier affichent des « mesures urgentes » qui sont « bien en deçà des besoins », le camarade y oppose : « Les travailleurs ont toute légitimité à revendiquer 300 euros pour tous et qu’il n’y ait pas de salaires inférieurs à 1 500 euros. Il n’y a aucune raison d’accepter les licenciements, qui n’ont d’autre but que de permettre aux patrons de sauvegarder leurs profits ou à l’État de faire des économies. Il faut interdire les licenciements, garantir à tous un emploi en partageant le travail existant et en embauchant dans les services publics. Imposer une augmentation générale des salaires et des retraites, la garantie d’un revenu et d’un travail pour toutes et tous. Voilà des exigences qui unifient toute la classe ouvrière, avec ou sans travail. ». Félicitons-nous de cette mise au point – il n'en reste pas moins que quelques leçons devront être tirées de cet épisode.


Appel du 29 janvier 2009, déclaration commune de propositions et revendications des organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA

(29 janvier 2009)

La crise économique amplifiée par la crise financière internationale touche durement une grande partie des salariés dans leurs emplois et leurs revenus. Alors qu’ils n’en sont en rien responsables, les salariés, demandeurs d’emploi et retraités, sont les premières victimes de cette crise. Elle menace l’avenir des jeunes, met à mal la cohésion sociale et les solidarités ; elle accroît les inégalités et les risques de précarité.
Les seules lois du marché ne peuvent régler tous les problèmes.
Face à cette situation et considérant qu’il est de leur responsabilité d’agir en commun, en particulier lors de la journée du 29 janvier, pour obtenir des mesures favorables aux salariés, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNSA ont décidé d’interpeller les entreprises, le patronat et l’Etat.
Surmonter la crise implique des mesures urgentes en faveur de l’emploi, des rémunérations et des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique.
1 – Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique
De nombreuses entreprises mettent la pression sur les sous-traitants et fournisseurs faisant supporter à leurs salariés blocages de rémunérations et pertes d’emplois. Par ailleurs, des salariés sont contraints à des durées du travail élevées, tandis que les salariés temporaires, en intérim ou en CDD, sont les premiers à faire les frais des baisses d’activité. Des entreprises utilisent la crise pour opérer des restructurations tout en maintenant la rémunération de leurs actionnaires.
C’est intolérable et inadmissible.
Les entreprises confrontées aux baisses d’activité utilisent des mesures de sauvegarde d’emplois comme le chômage partiel, les jours de RTT ou de congés… Toutes ces mesures doivent être négociées dans l’objectif de préserver l’emploi et les salaires. Les aides publiques doivent aussi y être conditionnées. Les entreprises doivent améliorer l’indemnisation du chômage partiel et tous les salariés doivent pouvoir en bénéficier. Ces périodes de baisse d’activité doivent être utilisées pour développer la formation professionnelle et renforcer les compétences des salariés.
Dans toutes les entreprises, quelle que soit leur situation, c’est notamment en investissant dans la formation et le travail qualifiant et en réduisant la précarité que la performance sera assurée.
Dans la fonction et les entreprises publiques, il est indispensable de répondre aux besoins de notre société et de la population et de leur attribuer les moyens nécessaires. Dès 2009, le gouvernement doit renoncer aux 30.000 suppressions de postes. Il faut abandonner une politique aveugle de suppression d’emplois et penser autrement l’évolution des services publics dont la qualité et l’emploi constituent une question centrale.
La situation des salariés précaires du public appelle des mesures de justice sociale.
2 – Politiques salariales : améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités
Les exigences des actionnaires ont conduit, dans beaucoup d’entreprises, à l’accroissement des inégalités. Elles se sont aussi traduites par une redistribution des richesses privilégiant le versement de dividendes au détriment des salaires et de l’investissement.
Dans les branches, les entreprises, les fonctions publiques, les négociations salariales doivent assurer au moins un maintien du pouvoir d’achat et une réduction des inégalités.
Les allégements de cotisations sociales doivent être conditionnés à la conclusion d’accords salariaux.
3 – Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat
Il est de la responsabilité de l’Etat et de l’Union Européenne de décider de politiques d’interventions publiques coordonnée favorisant une relance économique. Celles-ci doivent viser à la fois :
• Une relance par la consommation en améliorant le pouvoir d’achat, en priorité des revenus les plus modestes parmi lesquels de nombreux salariés, demandeurs d’emploi, retraités et bénéficiaires de minima sociaux.
• Une politique de développement de logement social à la hauteur de l’urgence, un encadrement des loyers et un accès au crédit dans des conditions excluant les taux usuraires.
• Une protection sociale (santé, retraite…) dans un cadre collectif et solidaire.
• Des investissements ciblés, en particulier en matière d’infrastructures, d’équipements publics et de services publics, en favorisant la recherche, le développement, l’éducation et la formation. Les investissements publics et privés doivent notamment être orientés en faveur d’une économie du développement durable mettant en œuvre les principes adoptés au Grenelle de l’Environnement.
• Toute aide accordée à une entreprise doit être ciblée et faire l’objet de contreparties. Elle doit être conditionnée à des exigences sociales, en particulier en matière d’emploi. Elle doit faire l’objet d’une information et d’un avis préalable des élus représentant les salariés. Dans le cas spécifique du secteur bancaire, l’utilisation des aides publiques doit donner lieu à un contrôle direct par l’Etat.
4 – Préserver et améliorer les garanties collectives
Les conditions de vie et de travail pour les salariés des secteurs privé et public, passent par l’amélioration du cadre collectif. C’est pourquoi il faut :
• Abroger les dispositifs légaux qui ont conduit à remettre en cause la réduction du temps de travail.
• Retirer la proposition de loi sur le travail du dimanche.
• Respecter le dialogue social sur tous les projets et propositions de loi qui touchent à la réglementation du travail.
• Face à la révision générale des politiques publiques (RGPP), mettre en oeuvre des réformes porteuses de progrès social.
5 – Réglementer la sphère financière internationale
Cette réglementation doit mettre un terme à la spéculation, aux paradis fiscaux, à l’opacité du système financier international et encadrer les mouvements de capitaux. L’Union européenne doit être au premier plan pour l’exiger.
Il faut aussi imposer le respect des droits fondamentaux et sociaux et des normes internationales de l’OIT dans tous les échanges internationaux. L’aide publique au développement doit être maintenue et améliorer. C’est ce que demande le mouvement syndical international.


La CES soutient la politique de Sarkozy, par Emile Fabrol

Telle est la conclusion qui s’impose à la lecture du site Internet de la Confédération européenne des syndicats ( http://ww.etuc.org ). Le fonds de l’analyse est très proche de l’historique discours de Toulon du Président français et actuel Président du Conseil européen. Grosso modo, l’analyse de la CES se fonde sur la fable de l’opposition du bien (l’économie réelle que d’autres appellent le capitalisme entrepreneurial) et du mal (le capitalisme financier). Nous sommes au cœur de l’idéologie sarkozienne.
En effet, la CES dénonce : « Le capitalisme de casino [qui] a échoué et la politique doit emprunter d’autres voies. L’Europe ne peut plus permettre à ses membres d’accorder la priorité aux intérêts nationaux. Si les politiques du chacun pour soi se poursuivent, les choses vont vraiment s’aggraver. » Manque de pot, pour les fins stratèges de la CES, la réalité est un tantinet différente. Le second point de l’analyse consiste à « protéger l’économie réelle du capitalisme de casino » en créant « un fonds européen d’investissement. »
A partir de cette position qui ne relève guère de l’indépendance syndicale, découle quatre vœux pieux.
Vœux pieux numéro 1. « L’irresponsabilité des banques, des hedges funds et du reste ne doit plus jamais amener les nations au bord de la faillite. »
Vœux pieux numéro 2. « La CES appelle l’Europe [lire l'Union européenne] à se battre pour les droits des travailleurs. » Toute l’histoire de l’UE depuis le traité de Rome au traité de Lisbonne plaide en sens contraire.
Vœux pieux numéro 3. « Le secteur financier doit être recentré sur sa fonction première, à savoir transformer l’épargne en investissements productifs. »
Vœux pieux numéro 4. « Mettre fin aux paradis fiscaux. » Même Bayrou est plus réaliste puisqu’il se contente de demander que les États mettent fin à leurs relations avec ces lieux de rêve pour la spéculation.
Enfin dans son envolée pour assurer la survie du capitalisme réellement existant la CES finit par faire trois propositions.
Proposition numéro 1. (particulièrement audacieuse) La création d’une agence européenne de notation. Quant à nous, nous préférons militer pour l’ouverture des livres de comptes et la levée des secrets bancaires et commerciaux.
Proposition numéro 2. (encore plus audacieuse) La mise en place d’une « aide en direction des travailleurs touchés, des ménages menacés d’expulsion, des retraites risquant la pauvreté ». Un vrai syndicat mettrait en avant l’augmentation des salaires, l’interdiction de licencier, la défense de la retraite par répartition.
Proposition numéro 3. (le comble de la revendication).La CES propose la création d’un : « Comité de surveillance comprenant les partenaires sociaux européens et les membres du Conseil d’administration de la Banque centrale européenne. » Par principe, nous rejetons toute forme de collaboration de classe institutionnelle ou non.
Finalement, il n’y a là rien de très étonnant de la part d’une structure qui n’est pas autre chose qu’un rouage de l’Union européenne. Par contre, il y a de quoi s’étonner quand le journal CGT-Ensemble de novembre 2008 - destiné aux syndiqués CGT - écrit qui s’agit d’une : « analyse qui rejoint celle de la CGT ».
Camarades de la CGT, partisans d’un syndicalisme de classe ou tout simplement attachés à la défense effective du monde du travail, nous nous devons de combattre avec la plus ferme énergie de tels choix. Après la signature de l’accord avec le MEDEF sur la représentativité syndicale et le refus manifeste de construire un mouvement tous ensemble et au même moment pour contrecarrer la politique réactionnaire de Sarkozy, notre CGT est en danger.

revue Prométhée


Comité Confédéral National de Force Ouvrière Paris les 9 & 10 octobre 2008 - Résolution

(9-10 octobre 2008)

Réuni à Paris les 9 et 10 octobre 2008, le CCN de la CGT Force Ouvrière affirme qu’il ne peut y avoir de démocratie sans syndicalisme libre et indépendant.

Dans ce cadre, la Charte d’Amiens reste sa référence indispensable à la représentation et la défense efficaces des droits et intérêts particuliers des salariés actifs, chômeurs et retraités. Le CCN souligne son attachement indéfectible aux principes d’indépendance alors que la loi dite « de rénovation du dialogue social » issue de la position commune signée par le MEDEF, la CGPME, la CGT et la CFDT, que Force Ouvrière condamne, porte en germe l’institutionnalisation du mouvement syndical et l’abandon du modèle républicain de négociation collective. Comme elle l’a toujours fait depuis ses origines la CGT Force Ouvrière refuse de se laisser enfermer dans une logique qui la détournerait de son rôle historique de défense des intérêts des salariés, de l’exigence de progrès social et de son attachement aux valeurs républicaines et démocratiques. Le CCN réitère sa détermination à développer le syndicalisme libre et indépendant. Il demande le retrait de la loi du 20 août 2008.

Contexte international – Crise du capitalisme

L’effondrement du marché des emprunts hypothécaires américains (subprimes) a déclenché une crise financière internationale sans précédent. Fondée sur la recherche de profits maximum à très court terme et la multiplication de produits financiers de plus en plus risqués, elle est la conséquence de la vague frénétique de déréglementations financières et bancaires engagée avec l’accord des états au cours des 20 dernières années.

La violence du choc qui s’est propagé à toutes les économies se retrouve dans les pertes abyssales affichées aux Etats-Unis. Dans un pays qui symbolise le dogme du libéralisme économique, le vaste programme d’intervention et le plan de sauvetage budgétaire de 700 milliards de dollars pour reprendre les actifs « toxiques » donnent la mesure de la crise. Celle-ci confirme l’ineptie de la formule selon laquelle le marché s’autorégule. Pour le CCN, il serait inacceptable que les gouvernements nationalisent les pertes du capital financier tout en fermant les yeux sur la privatisation des profits.

Affirmant qu’il s’agit d’une crise du capitalisme, le CCN exige la remise à plat de toute la finance de marché par la reconstruction de l’architecture réglementaire nationale et internationale. Le CCN souligne la responsabilité des institutions financières internationales. Les puissances publiques dépositaires des souverainetés nationales doivent s’imposer aux marchés financiers et assigner aux banques l’obligation d’assurer leur fonction première qui n’est rien d’autre que le financement stable et à moindre coût de l’économie réelle. La définition de règles doit s’accompagner de contrôles et de sanctions, sous la responsabilité des pouvoirs publics.

Le CCN estime nécessaire et urgente une action syndicale concertée au plan international pour défendre les intérêts des salariés contre le capitalisme destructeur de la solidarité et des droits sociaux.

Sur le front européen

L’Europe n’est pas épargnée. La zone euro est entrée en récession. Après avoir engagé des milliards d’euros sur des opérations à risque, par effet de domino, les faillites bancaires apparaissent les unes derrière les autres, enclenchant une spirale de nationalisations. La restriction du crédit pèse sur tous les moteurs de la croissance et le chômage repart à la hausse.

Pour le CCN, la déclaration des autorités visant à privilégier la réduction des déficits est inadmissible. Il ne peut tolérer que l’Union Européenne transfère sur les salariés l’irresponsabilité des financiers en s’enfermant dans la continuité des politiques qui ont favorisé la concurrence, la déréglementation, la rigueur budgétaire et la modération salariale, aux effets contre productifs sur la croissance. En donnant son aval aux sauvetages bancaires la commission a choisi d’augmenter la dette. Cette décision légitime l’opposition de la Confédération Force Ouvrière aux contraintes du pacte de stabilité et de croissance. Elle demande une stratégie de relance pour financer des mesures de soutien à la consommation, à l’investissement et à la recherche et de rompre avec la modération salariale. Parallèlement, le CCN estime impératif d’imposer de nouvelles règles à la BCE pour sortir d’une politique monétaire où, d’une part, la stabilité des prix encourage l’accumulation des profits et, de l’autre, les économies de la zone euro paient le prix d’une monnaie excessivement chère et de taux d’intérêts démesurés.

Au plan national

La France n’échappe pas aux effets de la crise financière internationale sur son économie réelle comme l’indique le repli de la croissance et la destruction d’emplois. Pour le CCN, le volontarisme politique doit se traduire par des choix appropriés, la priorité visant à soutenir l’activité pour contrer la récession. Or, l’ambition du gouvernement de réglementer les errements spéculatifs de la planète financière est en contradiction totale avec l’intention déclarée de poursuivre la déréglementation nationale en accélérant les contre réformes qui réduisent les garanties sociales des salariés et les droits des citoyens au moment où il faudrait les renforcer.

Le CCN condamne le projet de loi de finance 2009 et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, défavorables aux intérêts des salariés, chômeurs et retraités et qui s’apparentent plus à un plan de rigueur qu’à un plan de relance aujourd’hui nécessaire. Il ne peut admettre le passage par la case rigueur, d’autant que la loi TEPA adoptée l’an dernier et dénoncée par Force Ouvrière, a détourné 15 milliards d’euros, privant l’Etat de sa capacité d’action publique.

Le CCN refuse que les salariés subissent les conséquences de la crise. Puisque l’Etat est capable de garantir la sécurité et la continuité du système bancaire et financier, il a les moyens de financer un plan de relance pour préserver les emplois, les entreprises et impulser une augmentation des salaires. Comme le réclame depuis des années la Confédération Force Ouvrière et comme le justifient pleinement aujourd’hui les ravages du système financier, il y a urgence à réorienter les politiques économiques pour prémunir la société contre les risques d’un système où l’absence de l’Etat conduit infailliblement au chaos.

Les salariés ne sont pas responsables de la crise actuelle. Ils doivent être pris en considération en terme de salaire, d’emploi et de conditions de travail. Le CCN dénonce et rejette toute idée d’unité nationale destinée à anesthésier les salariés, à geler les revendications et à remettre en cause l’indépendance syndicale.

Augmenter les salaires

Pour le CCN, la revendication d’augmentation du pouvoir d’achat des salaires demeure plus que jamais d’actualité. Elle l’est d’autant plus que les hausses de prix spectaculaires des matières premières (énergie – pétrole - denrées alimentaires) et de l’immobilier ont réduit gravement le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés. Considérant que la consommation et l’investissement sont les moteurs principaux de l’économie, il exige des augmentations générales pour tous. Celles-ci s’avèrent indispensables pour relancer la croissance et assurer la reprise. Ainsi, le CCN entend voir aboutir dans les meilleurs délais la prime transport obligatoire et s’engage à relayer la démarche de la confédération auprès des parlementaires pour qu’aucun salarié n’en soit exclu.

Par conséquent, le CCN conteste les mesures contenues dans le projet de loi en faveur des revenus du travail qui opposent à l’augmentation du salaire direct le développement de l’intéressement par l’incitation du crédit d’impôt. Il rappelle que ce type de dispositif a un caractère aléatoire et ne concerne qu’une minorité de salariés. Il ne peut en aucune manière constituer une alternative à des augmentations générales de salaires.

S’agissant des revenus du travail bloqués dans les plans d’épargne entreprise, le CCN en demande le déblocage immédiat pour soustraire ces revenus à la dégringolade boursière et pour soutenir la consommation.

De même, s’il prend acte du relèvement anticipé du SMIC à compter du 1er janvier 2010, il affirme son désaccord avec la création d’un groupe d’experts chargé d’établir un rapport sur son évolution indexé sur la compétitivité des entreprises. Il rappelle le rôle prépondérant de la CNNC et s’opposera à toute remise en cause des critères de détermination du SMIC, qui pourrait entraîner sa disparition. Compte tenu de la dégradation du pouvoir d’achat des salaires et de la nécessité de relance de la consommation, il revendique une revalorisation immédiate du SMIC.

Si la CGT Force Ouvrière reste opposée aux exonérations de cotisations sociales, elle demande leur compensation à l’euro pour l’euro et qu’elles soient conditionnées à l’existence d’accords sur les salaires et non au seul respect de la négociation annuelle obligatoire ainsi que le prévoit le projet de loi actuellement en débat au Parlement.

Créer de vrais emplois

Le CCN constate que les crédits pour l’emploi vont reculer de 5%, que le nombre de contrats aidés va baisser en 2009, que la loi du 1er août 2008 sur l’offre raisonnable d’emploi vise à stigmatiser les chômeurs pour les forcer à accepter des emplois précaires, sous payés et à les contraindre à d’importants déplacements.

Le CCN réclame, au-delà de l’incantation et des simples effets d’annonce, la création d’emplois en CDI à temps plein par une réelle politique de soutien de la consommation et du pouvoir d’achat, des mesures fortes afin de dynamiser la croissance, une véritable politique de développement industriel et la préservation des services publics. Le CCN rappelle son opposition à la suppression massive de postes dans le budget de l’Etat. Il souligne que le contexte rend encore plus inacceptable les injonctions posées par l’offre raisonnable d’emploi que Force Ouvrière a dénoncée.

Le CCN exige, en cas d’aides financières des collectivités publiques pour le maintien ou l’implantation des entreprises sur un bassin d’emploi, que celles-ci soient conditionnées à leur remboursement en cas de non respect de ses engagements par l’entreprise concernée.

Le CCN rappelle que l’intervention publique dans le capital des entreprises implique leur nationalisation ou renationalisation.

Le CCN rappelle que l’emploi et le maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés restent une exigence dans le secteur public comme dans le secteur privé.

De même, le CCN redoute que le Revenu de Solidarité Active (RSA), par ses effets d’aubaine, soit un instrument supplémentaire pour développer l’emploi précaire et notamment le temps partiel.

L’aggravation de la situation des salariés et des demandeurs d’emploi n’est pas un « accident » mais illustre bien une crise du système capitaliste qui renforce les principales revendications de la CGT Force Ouvrière.

En vue des négociations interprofessionnelles qui se sont ou vont s’engager :

Le CCN réaffirme son opposition à la GPEC qui ne serait qu’un préalable aux licenciements économiques. La CGT Force Ouvrière revendique une amélioration des droits collectifs des salariés, par le biais des instances représentatives du personnel et plus particulièrement pour ceux travaillant dans des entreprises sous-traitantes.

Avec la recrudescence du chômage, le CCN s’oppose à toute baisse des cotisations et rappelle qu’il est nécessaire d’améliorer et d’élargir l’indemnisation des demandeurs d’emploi, notamment pour les jeunes et les saisonniers. Au moment où s’ouvrent les négociations de la future convention UNEDIC, le CCN condamne les dispositions de la convention du 18 janvier 2006 excluant les saisonniers de l’indemnisation et mettra tout en œuvre pour que cette disposition ne figure pas dans la prochaine loi.

Pour ce qui est de la formation professionnelle continue, la CGT Force Ouvrière réaffirme son attachement à la gestion paritaire, y compris pour le recouvrement, par le biais des OPCA, et au rôle des branches professionnelles comme facteur d’une meilleure égalité de traitement des salariés au regard de la formation professionnelle. Toutefois, dans le cadre des négociations, FO revendiquera notamment une amélioration significative de l’accès à la formation continue des salariés des PME/TPE.

Au-delà, le CCN entend continuer à s’opposer à la mise en concurrence régionalisée de l’AFPA et à l’intégration de ses services d’orientation professionnelle dans la future institution fusionnant l’ANPE et le régime d’assurance chômage, ce qui préfigure sa disparition.

Durée du travail

Le CCN de Force Ouvrière dénonce la loi du 20 août 2008 qui, dans sa partie « réforme du temps de travail », fait du maintien de la durée légale hebdomadaire de 35 heures une coquille vide. Il rappelle la responsabilité pleine et entière des auteurs de la déclaration commune (MEDEF, CGPME, CGT et CFDT) qui sont à l’initiative de la loi.

Cette loi constitue un danger pour la santé et la sécurité des travailleurs en raison de la suppression de l’autorisation de l’inspection du travail pour l’accomplissement d’un volume important d’heures supplémentaires, de la suppression de repos compensateurs obligatoires ou encore de l’augmentation excessive de la durée du travail des salariés sous forfait annuel en jours.

Le CCN refuse la primauté donnée à l’accord d’entreprise, notamment par la loi du 20 août 2008 dans sa partie temps de travail et confirme sa volonté de défendre le principe de faveur et le niveau de la branche qui seul permet de garantir un minimum d’égalité entre les salariés d’un même secteur professionnel.

Constatant que les conditions de travail sont déjà souvent insupportables aujourd’hui (pénibilité, stress, TMS, etc), le CCN considère que toutes ces dispositions vont accroître encore la dégradation des conditions de travail.

Le CCN réaffirme son exigence de respect de la vie familiale et privée des salariés et se prononce contre toute extension du travail le dimanche, comme le proposent certains parlementaires.

Egalité salariale et professionnelle entre femmes et hommes

Le CCN exige une égalité effective des écarts de rémunération entre femmes et hommes et attend des pouvoirs publics qu’ils se conforment à leur engagement issu de la Conférence tripartite du 26 novembre 2007, en instaurant rapidement une réelle sanction de ces écarts salariaux.

Le CCN revendique également un alignement du régime des heures complémentaires sur celui des heures supplémentaires.

La déréglementation de la durée du travail et du repos dominical risquent de détériorer les conditions dans lesquelles vivent les salariés hommes et femmes alors qu’ils ne peuvent déjà pas articuler leur vie professionnelle et leur vie privée. Le CCN dénonce cette dérive vers une société entièrement soumise aux exigences des entreprises.

Défendre le modèle Républicain

Sécurité sociale, services publics, liberté de négocier et droit de grève sont l’expression et la concrétisation de la conception républicaine de l’égalité de droit des citoyens.

Ce principe a été régulièrement remis en cause par des politiques n’offrant comme seule perspective que la dislocation du modèle républicain qui garantit des droits égaux aux assurés, citoyens et salariés.

Le CCN dénonce la poursuite effrénée de cette destruction. Il réitère sa détermination à la combattre.

Par ailleurs, le CCN réaffirme son attachement à la laïcité de l’école et de l’Etat et à la loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat ; il condamne les multiples déclarations officielles visant à les remettre en cause.

Assurance maladie

Dans cette logique, le CCN renouvelle sa condamnation d’une maîtrise comptable des dépenses de santé. D’une part, celle-ci induit en continu un système de franchises et forfaits qui transfèrent aux assurés des charges insupportables. De l’autre, elle contraint gravement le budget des hôpitaux où l’instauration de la tarification à l’activité conduit à la sélection des malades, à la précarisation de l’emploi et à la fermeture de services et d’hôpitaux.

Les dispositions du projet de loi « hôpital, patients, santé, territoires » consacrent le passage d’une logique de moyens à une logique de résultats ; elles instaurent des enveloppes régionales limitatives conduisant à l’inégalité de droits d’une région à l’autre. C’est contraire aux missions du service public hospitalier, notamment lorsqu’elle introduit des modalités de recrutement des médecins hospitaliers sur la base de contrat d’objectifs et de moyens passés de gré à gré entre les directeurs d’hôpitaux et les médecins.

Les médecins seront ainsi soumis à des pressions dont la nature économique est étrangère aux intérêts des malades.

D’une façon générale, le CCN rejette la volonté du gouvernement de mettre en place et d’appliquer des règles de gestion et de gouvernance issues du privé au secteur public, y compris en renforçant les coopérations publiques/privées.

Dans cet esprit, le CCN rejette la mise en place des agences régionales de santé (ARS) qui en même temps qu’elles finiront d’exclure les interlocuteurs sociaux de la gestion de l’assurance maladie, vont réduire la place de l’hôpital public dans le champ de la couverture sanitaire et accroître l’inégalité d’accès aux soins, y compris du fait des sommes de plus en plus importantes laissées à la charge des assurés sociaux et des familles.

Même si le texte ne prévoit pas de contractualisation directe entre les ARS et les CPAM sur le sujet de la gestion du risque, les ARS portent en elles la volonté d’une captation par l’Etat des moyens de l’assurance maladie, financée principalement par le salaire différé.

Les ARS s’inscrivent également dans la RGPP et sont la 8ème direction régionale mise à disposition du Préfet de région. Avec leur statut particulier de droit public de l’Etat, ces agences seront des personnes morales fonctionnant avec des salariés d’origines différentes. Le CCN refuse ce basculement vers la privatisation faite pour imposer un système assurantiel individuel. Il réaffirme sa ferme intention de maintenir l’intégralité de l’assurance maladie dans le champ de la solidarité, creuset du progrès et de la justice sociale, et exige l’affectation de moyens appropriés.

Famille

Au-delà des doutes sur l’efficacité du RSA, le CCN s’inquiète de son financement et de la capacité qu’auront demain les CAF pour gérer ce dispositif. Il ne peut leur être demandé à la fois d’assurer sa prise en charge tout en leur appliquant les objectifs de réduction des effectifs découlant de la RGPP.

Le CCN exige que de nouveaux moyens soient alloués aux CAF et que les plans de réduction d’emplois soient suspendus.

S’agissant du logement, le CCN proteste contre la décision unilatérale du gouvernement d’accaparer l’épargne populaire pour secourir les entreprises, cette spoliation des fonds paritaires s’ajoutant à celle du 1 % logement.

Retraite

La crise financière démontre le danger des systèmes par capitalisation et le bien-fondé de la répartition.

Le blocage à 40 ans de cotisations reste d’actualité et demeure une priorité immédiate pour la confédération Force Ouvrière. 40 ans, c’est déjà trop, et tout allongement de carrière ne règle en rien les besoins de financement de nos régimes de retraite et tend à conduire à la paupérisation les générations futures de retraités.

Le CCN ne considère pas le dossier comme clos, les dispositions arrêtées dans le cadre de la concertation de 2008 prévue dans la loi FILLON de 2003 et introduite dans le PLFSS de 2009 ne sont pas à la hauteur des nécessités et confirme les restrictions et reculs sociaux imposés aux travailleurs.

Le CCN constate qu’aucune mesure de financement conséquente n’est arrêtée, hormis l’augmentation de la cotisation patronale vieillesse, et regrette que les propositions avancées par la Confédération Force Ouvrière n’aient même pas fait l’objet d’un examen sérieux par le gouvernement.

De même, les revalorisations arrêtées ne permettent pas le strict maintien du pouvoir d’achat des retraités et minoreront les coefficients servant au calcul des pensions ; aussi le CCN de la CGT Force Ouvrière exige une revalorisation substantielle et immédiate des retraites et pensions.

Les diverses mesures de revalorisation inscrites dans le PLFSS 2009 ne concernent que les minima sociaux (allocations de solidarité pour les personnes âgées, pensions de réversion, minimum contributif) et tendent à tirer vers le bas l’ensemble des pensions.

Concernant le volet « emploi des seniors », les mesures inscrites ne sont pas de nature à résoudre le problème de l’emploi qui demeure général ; ce n’est pas en dérégulant les possibilités de poursuivre ou reprendre une activité après 60 ans que l’on répondra aux attentes de pouvoir d’achat des salariés et retraités.

Au moment où l’économie régresse et le chômage repart à la hausse, libéraliser totalement les possibilités de cumul emploi-retraite ne peut être considéré comme une réponse, ni à l’emploi, ni au pouvoir d’achat, sauf à envisager ce cumul comme quatrième pilier de la retraite, ce que le CCN refuse expressément.

Service Public Garant de l’égalité républicaine sur tout le territoire, le service public concourt au respect et à l’exercice des droits fondamentaux. Le CCN constate que la demande sociale des citoyens confrontés à l’aggravation incessante des inégalités suscite toujours le besoin d’intervention publique.

Aussi, il s’élève contre le démontage de la fonction et du service public, au moyen de la RGPP (révision générale des politiques publiques) qui vise à détruire le service public républicain par la suppression massive des emplois statutaires.

Pour le CCN, le rôle accru délégué aux préfets de région n’est pas un simple redéploiement des missions de l’Etat. La réduction aveugle et dogmatique des dépenses publiques, basée sur les soi-disantes contraintes budgétaires, fait de la RGPP le moyen de supprimer de larges pans du service public. Cet abandon signe une privatisation qui ne veut pas dire son nom mais se retrouve dans les créations d’agences et le recours aux partenariats public/privé.

Le CCN refuse cette commercialisation (comme de faire payer la carte d’identité, le permis de conduire …) faite pour dégager des profits, qui annonce une société inégalitaire soumise aux lois d’un marché qui ne se régule jamais.

Parallèlement, il s’inquiète de l’avenir du département transformé en sous préfecture de région. Il entend défendre vigoureusement cet échelon territorial et les structures administratives qui organisent la proximité vis-à-vis des citoyens.

Il rappelle à la puissance publique qu’elle ne peut s’affranchir de ses responsabilités. Il lui demande de respecter la République et ses valeurs en fermant le chantier de la RGPP, en défendant le statut général et les statuts particuliers des fonctionnaires et en revalorisant leurs rémunérations de manière significative.

De la maternelle à l’université, l’école publique est menacée de démantèlement par cette RGPP, matrice des contre-réformes en cours ou en projet.

Il considère que si le gouvernement trouve les moyens de pallier la faillite des banques par des renationalisations, il a le devoir d’agir pour rétablir le service public qui par nature est étranger à la spéculation.

Ce faisant, le CCN réaffirme que la privatisation des entreprises publiques est une grave erreur tant économique que sociale et qu’elle concerne l’ensemble des travailleurs et des citoyens. Il soutient notamment le combat mené par sa fédération FO-COM pour faire échec au projet gouvernemental qui vise à capitaliser la poste pour la coter en bourse. C’est aussi pourquoi il soutient toutes les mobilisations organisées par les fédérations de fonctionnaires FO et leurs syndicats, notamment celle du 23 octobre.

Liberté de négocier

La négociation interprofessionnelle sur la représentativité s’est achevée le 9 avril dernier par l’établissement d’une position commune sur « la représentativité, le développement du dialogue social et le financement du syndicalisme ». Le CCN rejette ce texte qui délégitime toute la pratique contractuelle, source d’égalité des droits des salariés, en ouvrant le champ de toutes les dérogations.

La loi de rénovation du dialogue social qui valide cet accord marque :

Une atteinte à la loi de 1884.

La fin de la conception républicaine des relations sociales à travers la remise en cause du principe de faveur : la mise en place des accords majoritaires justifiant la dérogation aux accords de niveau hiérarchique supérieur.

Par voie de conséquence, la remise en cause à terme du rôle des branches professionnelles et des conventions collectives nationales alors qu’elles constituent un niveau de régulation économique sociale et déterminant.

Une atteinte à la liberté syndicale et à la liberté de désignation des délégués syndicaux par les syndicats.

L’exonération des organisations patronales de toute preuve de représentativité.

Le CCN réaffirme la liberté de désigner un délégué syndical quelle que soit la taille de l’entreprise.

Rappelant qu’il appartient aux travailleurs et à eux seuls de faire évoluer le paysage syndical, le CCN marque sa détermination à développer le syndicalisme libre et indépendant, respectueux de la liberté de ses adhérents et ouvert à l’ensemble des travailleurs actifs, chômeurs ou retraités.

Résolu à défendre l’indépendance du syndicalisme, il insiste sur l’importance exceptionnelle des résultats aux élections professionnelles prochaines dont les prud’hommes seront le point d’orgue. Il appelle à la mobilisation de tous les militants pour conforter, en l’améliorant, la place de Force Ouvrière.

Devant la gravité de la crise financière dont l’impact sur l’économie se révèle de jour en jour plus menaçant pour la croissance et l’emploi, il importe pour le CCN de maintenir et de défendre toutes les revendications et les exigences portées par Force Ouvrière.

Conformément au principe et à la pratique de la liberté et de l’indépendance syndicale et conscient que les décideurs publics et patronaux doivent répondre au mécontentement grandissant des salariés qui constituent la composante la plus sûre des agents économiques, il juge nécessaire une mobilisation interprofessionnelle.

Pour être efficace, celle-ci sous-tend une action commune, sur des bases claires en terme de revendications et de modalités d’action.

Déterminé à mener une action à la hauteur des attaques portées, il demande à la confédération Force Ouvrière de poursuivre la recherche de l’accord le plus large pour préparer au plan national l’action commune, en particulier par un appel à une journée de grève interprofessionnelle.

Compte tenu de la situation, le CCN mandate la Commission Exécutive et le Bureau Confédéral pour prendre toute initiative qu’exigerait l’actualité.

Adoptée à l’unanimité Paris, le 10 octobre 2008

Source : Force Ouvrière (http://www.force-ouvriere.fr/)


Déclaration des signataires de l'Ile-de-France de la « Lettre ouverte aux états-majors syndicaux » 

Organisée par les initiateurs de la "LETTRE OUVERTE AUX ETATS MAJORS SYNDICAUX", une réunion des signataires de cette pétition avec comme mot d'ordre: "tous ensemble et en même temps" s'est tenue samedi 8 novembre à Paris.

En premier lieu, ils constatent que depuis la rentrée le mécontentement qui touche l'ensemble de la société s'amplifie et que de nombreuses luttes se développent contre la politique de Sarkozy, du MEDEF et de l'U.E. du capital : puissante manifestation des enseignants, actions qui touchent l'ensemble des salariés de l'automobile et leurs sous-traitants, mais aussi les NMPP, la SNCF, la Poste, les retraités, les chercheurs, les chômeurs, les sans papiers, les agriculteurs, les magistrats et les avocats.

Aujourd'hui même une grande manifestation est organisée au Havre. Elle rassemble avec la population, les Renault de Sandouville, les enseignants, les ports et docks, l'hôpital, pour les salaires, contre la casse de l'emploi et des services publics avec comme mot d'ordre de ralliement:"TOUS ENSEMBLE ET EN MEME TEMPS"

Les militants réunis constatent aussi la volonté évidente des leaders syndicaux, réunis au sein de la CES mais en concurrence pour les prud'homales, de rester sourds à cet appel et de poursuivre leur politique de dialogue avec le gouvernement le plus anti-social qui ait existé depuis 1945, alors que se déroulent en ordre dispersé les multiples luttes imposées par la base dont la colère ne peut plus être contenue. Mais les 400 milliards pour les banquiers, un appareil politique présidentiel dont les frais de fonctionnement explosent ou les profits substantiels des grands groupes capitalistes démontrent largement qu'on peut satisfaire les revendications et notamment arrêter les délocalisations pour le seul intérêt des puissances financières avec comme conséquence le gonflement incessant du chômage.

Les militants réunis ce samedi lancent donc un appel à tous ceux qui considèrent que rien de sérieux ne sera acquis sans une globalisation et une généralisation de l'action afin de renforcer leur pression auprès des appareils syndicaux pour qu'ils se situent enfin clairement contre le gouvernement, le MEDEF et l'UE, qu'ils cessent toute collaboration avec eux et qu'ils jouent leur rôle fédérateur des luttes : aucun acquis ne sera durablement préservé sans qu'une défaite décisive ne soit infligée au gouvernement Sarkozy et au patronat.

Ils proposent qu'en janvier 2009, les signataires de la « Lettre ouverte aux états majors syndicaux » de la moitié nord de la France se rassemblent, afin de structurer efficacement un large comité du front syndical de classe qui prend corps à travers le pays et de fédérer les forces nécessaires à l'essor de l'action syndicale de classe et de masse nécessaire pour contraindre au recul l'ennemi de classe et avancer vers la satisfaction des aspirations populaires.


N'y allez pas ! (à propos de la rencontre des syndicats avec le gouvernement du 18 février)

.

Nous publions cet appel de militants FO des métaux de la région de Saint Etienne, appel de syndicats de métiers de la confédération FO, rompant avec la logique de l'appel prétendument "unitaire" du 6 janvier pour la journée du 29. Faisons connaître cet appel autour de nous.

Comment continuer après le 29 janvier 2009 ?
Jeudi 29, nous étions 2 millions dans la rue à crier : « dehors Sarko ! Dehors ce gouvernement ! »
Il est clair que les manifestations de jeudi dernier sont allées beaucoup plus loin que ne le voulaient les organisateurs. L’appel du 5 janvier était axé sur « le dialogue social » et la supplique au gouvernement. Les manifestations, elles, avaient un tour largement antigouvernemental.
Le soir même le président annonçait : « Dans cet esprit je rencontrerai durant le mois de février les organisations syndicales et patronales afin de convenir du programme de réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien. »
Il est inadmissible d’aller voir Sarko pour « convenir du programme de réformes » alors que les manifestants demandaient l’arrêt des licenciements, des réformes comme la RGPP ou la privatisation de la poste.
L’indépendance d’un syndicat ce n’est pas de définir avec le gouvernement « des méthodes pour mener (ce programme de réformes) à bien. »
Quand, lors de la cérémonie des vœux « aux partenaires sociaux », Sarko dit : « Je veux commencer par vous remercier pour l’ampleur de la tâche que vous avez accomplie en 2008. » C’est humiliant pour l’ensemble du mouvement syndical.
Nous ne sommes pas « des partenaires sociaux ». Nous ne sommes pas des auxiliaires du président et de son gouvernement. Nous ne sommes pas ses supplétifs. Nous ne devons pas l’aider à mener à bien ses réformes.
Nous devons être en première ligne pour lutter contre les licenciements, le chômage partiel, toutes les attaques organisées par ce gouvernement et le MEDEF.
Dans ce cadre nous estimons qu’il est nécessaire que les dirigeants syndicaux, notre secrétaire général le premier, ne participe pas au « sommet » avec Sarko.

N’y allez pas !

Le bureau du syndicat des métaux de Saint Etienne, le 4 février 2009.
Pour tout contact, syndicat FO des métaux de Saint Etienne, bourse du travail cours Victor Hugo 42028 Saint Etienne Cedex Tél : 06 88 97 47 11 Mail : fometauxloire@free.fr, site : http://les-militants-de-fo-dans-la-loire.org


Collectif pour un Front Syndical de Classe Se mobiliser Tous ensemble le 18 février et après pour gagner sur nos revendications

Les militants syndicaux (CGT et FSU) réunis à Paris le 7 février à la suite de la démarche initiée par la « Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux » affirment la nécessité, plus actuelle que jamais, de construire le « tous ensemble en même temps » durable, alors que la crise capitaliste et la casse sociale pilotée par Sarkozy, le Medef et l’UE du capital menacent l’écrasante majorité de la population. Non seulement les travailleurs ne sont pas responsables de la crise et refusent d'en faire les frais, mais ce sont les contre-réformes euro-néolibérales, l'écrasement des salaires au profit des actionnaires, les attaques contre les services publics… qui sont responsables de la crise, et auxquels il faut mettre un terme.

Cette convergence des luttes contre la régression sociale tous azimuts ne peut s’accommoder d’aucun attentisme. Il est indispensable de prolonger le 29 janvier et la très forte mobilisation à la base, sans laisser les états-majors entrer une fois de plus dans un jeu de rôles avec Sarkozy et mener les luttes dans l’impasse, selon le souhait de Chérèque : que penser de leur décision de remettre au 19 mars une nouvelle journée de mobilisation, si ce n’est qu’elle reproduit la tactique perdante des journées d’action dispersées et le refus d’établir un rapport de force de haut niveau, tout en laissant la main au gouvernement ?
Le « rendez-vous du 18 février », en particulier, ne peut pas être une journée de discussion à froid entre « partenaires sociaux », mais devrait être une journée nationale d’action pour gagner sur les revendications populaires : augmentation des salaires et SMIC à 1600 euros nets, non aux licenciements et aux délocalisations, contrôle par les travailleurs des milliards donnés par le gouvernement, défense des services publics (Education Nationale, Hôpital,…), arrêt de la casse des acquis sociaux (sécu, retraites après 37,5 annuités)…

Dans cette optique, toutes les formes d’action permettant l’élargissement du mouvement méritent d’être impulsées et soutenues, à l’image de la lutte exemplaire en Guadeloupe et en Martinique, et contrairement à ce qu’expliquait B.Thibault en 2003, affirmant que « la CGT n’a pas vocation à bloquer le pays ». Car c’est bien le capitalisme, son OMC, son UE, son gouvernement et son MEDEF qui bloquent le pays et les travailleurs.

Face au gouvernement et au patronat, nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre tous ensemble et en même temps, comme en 36, en 45 et en 68, en renouant avec l’héritage du mouvement ouvrier de classe et de masse et en unissant les travailleurs, les enseignants et la jeunesse étudiante et lycéenne.


Du 29 janvier au 19 mars... et puis ? par Gladia Roulin, suivie d'une réponse de notre camarade Michel Lanson

Note de la rédaction: La contribution de Gdalia Rollin pour notre réunion du 14 mars du Club "socialisme maintenant" s'inscrit parfaitement dans les débats que nous avons eus. C'est bien dans le sens qu'elle souligne dans sa lettre qu'il convient d'aller. Certes nous pouvons discuter sur la question du ou des partis utiles comme instruments visant à faciliter l' intiative à l' auto organisation des salariés et des "citoyens entrés en résistance", sur la question de la recomposition syndicale et de la lutte pour se les réappropier afin de les faire fonctionner "à notre service".Mais c'est bien ce mouvement de l' initiative et de la réflexion engagé dans de nombreux secteurs qu' il faut contribuer à approfondir pour fortifier leur confiance en eux-mêmes.

Nous voyons se développer des révoltes un peu partout, sur fond de crise du capitalisme reconnue par tout un chacun, y compris par les représentants patentés de ce système.

Le 29 janvier, nous étions 2 millions et demi à manifester. Sur des aspirations beaucoup plus profondes et larges qu'une simple revalorisation du fameux pouvoir d'achat ou de la perpétuation de notre condition subordonnée de salariés.

Il en est pour penser que c'est l'unité syndicale qui a payé.
Je pense plutôt que l'indignation gronde de partout, et que les syndicats ont en effet réalisé ce jour-là l'unité indispensable pour conserver un minimum d'audience, parce que, s'ils avaient continué à faire défaut, à soi-disant nous représenter, mollement, dans des négociations entre pots de fer et pots de terre, par-dessus notre tête et sans mener aucune lutte, ils auraient fini par être complètement et peut-être (rêvons un peu !) irrémédiablement débordés par "la base", laquelle est tout à fait capable de s'auto-organiser en Collectifs divers, dès lors que les citoyens décident de se prendre en mains.
C'est ce que nous voyons avec les Collectifs d'enseignants-chercheurs, ou avec tant d'autres Collectifs qui ont pris l'initiative des luttes, lesquelles sont en général récupérées par des dirigeants syndicaux que le pouvoir en place désigne comme les seuls interlocuteurs représentatifs, alors qu'en aucun cas ils n'ont été librement mandatés par la base.
La bureaucratie syndicale est devenue une institution, qui freine nos combats. Une réelle démocratie voudrait que la base mandate sur un objet précis et pour un temps déterminé, qui elle veut, avec révocation possible à tout moment.
Je précise, comme d'habitude, que je ne vise pas ici nos camarades syndiqués qui s'engagent régulièrement sur le terrain à nos côtés, avec toute leur conviction et leur dynamisme. Ce sont les gens installés dans les hautes sphères qui, objectivement, nous trahissent, nous tous, qu'ils le veuillent ou non.
La Grèce s'est révoltée. Les Antilles "françaises", avec la Guadeloupe, sont en grève générale. Ici ou là en France, et en particulier dans l'Éducation Nationale, des mouvements radicalement contestataires se développent.
Et les directions syndicales ont jugé qu'il était urgent d'attendre, que la solidarité active ne s'imposait pas, ni la mobilisation de tous autour d'une grande réflexion sur la nécessité de changer de contrat social et de changer les bases du fonctionnement économique qui nous est imposé, alors que même nos gouvernements reconnaissent qu'il faut "réformer" le capitalisme.
Moi, je dirais qu'il faut franchement passer à tout autre chose. Et que c'est violent d'entendre en ce moment des discours quasiment plus "révolutionnaires" dans la bouche de ceux qui veulent, à droite, "moraliser" le capitalisme, que dans les paroles de ceux qui prétendent une fois encore nous satisfaire de miettes éparses et nous gaver de désespoir, en évitant surtout soigneusement toute contagion d'une contestation radicale ! (J'ai cité Martine Aubry !). Ah ! on est bien, avec de si zélés défenseurs ou "représentants" ! Pas besoin d'ennemis, nos meilleurs "amis" sont assez efficaces !

Dans le contexte social actuel, le système aux commandes produit de plus en plus d'"exclus", exclus qui en réalité font partie intégrante de ce système prédateur qui les fabrique et qui les vampirise, car ils servent à engraisser les profiteurs par le biais de la mise en concurrence des précaires, et les mécontents sont de plus en plus nombreux et remontés. Dans ce contexte, en dépit des évènements qui surviennent par ailleurs, et comme s'il était bien entendu que chacun va se cantonner à son petit pré carré, en bons "individualistes égoïstes" que nous serions, comme le prétend la propagande ordinaire, nous appeler à une seule journée de grève générale et de grande manifestation "unitaire", nous imposer des mots d'ordre de défense du pouvoir d'achat sans relier les luttes, dans des parcours routiniers sans lendemains, c'est travailler à nous démobiliser en n'ouvrant surtout pas les perspectives du changement social à inventer, c'est tout faire pour éviter d'être débordé. C'est sacrifier à ce besoin de garder les mouvements sous-contrôle toutes les potentialités de germination créatrice qui sont à l'œuvre dans la société en ce moment.

Et quels sont donc les horizons qu'ils s'apprêtent à nous découvrir incessamment sous peu, nos dignes bureaucrates et consorts ?
Mais bon sang, mais c'est bien-sûr, voici venir le temps des élections européennes, qui vont nous faire miroiter à nouveau les "votez pour moi", "et moi, et moi, et moi", qui vont pouvoir attiser des passions et des espérances parfaitement illusoires, puisqu'il s'agit de nommer à un Parlement sans pouvoir, des "élus" qui nous échapperont totalement dès qu'ils auront reçu nos suffrages, et qui, même animés de la meilleure des bonnes volontés, seraient incapacités dans le libre exercice de leur action, le système étant ce qu'il est, et parfaitement conçu pour phagocyter les divergences.
Et comme cela s'est produit avec les élections présidentielles, nous risquons fort de nous diviser, de nous affaiblir, de nous fatiguer à courir après un leurre, alors que l'essentiel serait encore une fois occulté.

L'essentiel, c'est le rassemblement. Non pas l'unité à visée électoraliste au sommet, mais la mise en réseau des citoyens de base décidés à se situer en adultes dans une société réellement démocratique et égalitaire.
Peu importe si nous ne sommes pas tous complètement d'accord. "Je ne veux voir qu'une seule tête", c'est une conception totalitaire. Nous n'avons pas besoin d'un projet parfaitement élaboré "clefs en main", au contraire, nous avons besoin de cogiter ensemble, de re-créer un nouveau contrat social, et d'aller jusqu'à nous surprendre nous-mêmes.
Je crois beaucoup que le travail mené dans les Collectifs préfigure ce que serait une société réellement libre et adulte, et qu'il s'agit de développer et de pérenniser ce type d'organisation, qui a beaucoup plus d'envergure et d'ancrage à la base que n'importe quel parti ou syndicat.

Un point de clivage, de bascule pour refonder la société, ce qu'il s'agit d'abolir radicalement, ce qui nous assassine tous dans le système actuel, c'est le règne des profits monétaires. C'est à partir de cette dictature de la rentabilité financière, à partir de cette logique monétaire et de cette violence anonyme actionnariale présentée comme la seule "réalité possible", si ce n'est la fin de l'histoire !!, que nous sommes sommés de nous assujettir aux conséquences dramatiques qui en découlent, pour la vie elle-même, et dans la vie de tous et de chacun. Il est urgent de changer de cadre. Il est urgent de reprendre les questions à la base.
Que voulons-nous vivre ? Quels besoins voulons-nous satisfaire ? Comment nous répartissons-nous les tâches et comment partageons nous les biens et les produits ? Comment nous garantissons-nous mutuellement les moyens de vivre dans le bien-être et la bonne humeur, et de transmettre à nos enfants et petits-enfants un monde où il puisse faire bon vivre ?
Comment reprendre en mains les choix concernant notre destin commun, pouvoir qui est actuellement confisqué par une caste dirigeante de professionnels de la politique et de la finance ?
L'abolition des profits financiers, c'est le remède radical à tous nos maux.
Et l'abolition de ces profits exige une organisation libertaire de la société au plus près de la base et du local.

À mon avis, c'est cela qu'il s'agit de travailler et de faire mûrir, une réflexion de fond sur l'économie, et sur la démocratie. Et la réflexion sur la stratégie gagnante pour arriver à nos objectifs.

Auto-organisons-nous.
Et préparons le 19 mars dans ce sens. Le 19 mars, et le 20, le 21, le 22, le 23....

Vive les Collectifs. Partageons le pouvoir entre citoyens de base égaux en droits, et développons de multiples réseaux innovants.


Cordialement,

Gdalia


Réponse de Michel Lanson à Gladia Roulin

Merci pour ta contribution à la discussion. Je suis largement en accord avec ce que tu expliques à partir de ton expérience dans le comité de refus de la Base élèves.
Ta critique des organisations syndicales et politiques me semble amplement fondée. Là où la difficulté commence c'est lorsque l'on aborde l'alternative auto-organisation et mise en réseau. C'est sans doute la discussion à commencer; alors qu'on pense avoir fini par trouver.
En attendant d'avancer sur cette discussion collective, je voudrais reprendre avec toi deux points importants souvent éludés:

Les exclus. Ta remarque est juste. Is font partie de la société qui est une globalité. Il est préférable de parler comme certains sociologues de déclassés ce qui insiste sur le fait que l'individualisation et la perte de structuration matérielle et imaginaire de la classe ouvrière sont des réalités à affronter dans le combat contre la précarité, le chômage, la mise à la rue... L'exclusion voudrait dire que l'on peut traiter un problème (logement par exemple) sans toucher au corps sain du reste de la société. Ce problème que nous avons laissé filer en 95/96 lors de la création des nouveaux syndicats SUD vient d'une part que l'on n'a pas voulu affronter ceux qui avaient déjà délimité leurs champs d'influence et surtout refuser de voir que le syndicalisme politique à vocation à rechercher une réponse globale aux problèmes sociaux. Cette séparation inclus/ exclus vient du mouvement social chrétien (la parabole du Bon Pasteur en est la référence biblique) et se retrouve dans bon nombre d'élaboration de mouvement syndicaux et politiques. Les pauvres remplacent le prolétariat, la solidarité, l'unité de classe. Cela se retrouve bien sûr dans la CFDT mais aussi à SUD ou au NPA par exemple.Il reprendre ces discussions si l'on veut retrouver une base solide de construction de mouvement.
  • La mise en réseau et la préfiguration de la société démocratique et égalitaire. Je suis d'accord les deux sont intimement liés. Mais, par expérience (SUD, comité de lutte etc...) je pense que les approches sont plus complexes que ce que l'on énonce théoriquement.
    La démocratie n'est pas la parole libérée, celle qui hystérise les réseaux internet, qui coule des discours parallèles. A la "Parrhesia" qui détruit mais ne construit pas, Michel Foucault oppose le" parler vrai", la recherche de la "chose vraie". Il ne s'agit pas de mettre en avant un discours totalitaire basée sur la Vérité mais de voir que la démocratie est une construction basée sur des arguments fondées et non des opinions, des sentiments, des discours. Là aussi le courage a manqué aux constructeurs d'organisations alternatives. La démocratie disait Castoriadis se fonde en permanence, elle est alors mouvement. C'est pourquoi le réseau ne se conçoit que dans la mise en commun d'analyses et de réflexions sérieuses basées sur une approche précise et conséquente des problèmes ( texte des psy, des instits refuzniks, base-élèves, les intellectuels guadeloupéens...) Le discours sur l'unification alors que ces mouvements vivent et se construisent n'est que du discours, de la manoeuvre politique, de la captation de démocratie surtout quand on élabore tout un système "démocratique" de fonctionnement. Non aux spécialistes de Parrhesia mouvementiste (et ils sont nombreux) Oui à la discussion argumentée entre militants qui avancent à partir de leurs investigations personnelles ou collectives sur leurs terrains des éléments politiques. Le discours compatissant (nous revenons aux exclus) alimente le populisme, la démocratie se construit loin de ces bruits dans le travail concret intellectuel et de terrain.
    A bientôt pour avoir une approche plus globale de la lutte politique dans cette situation trouble.
    Michel

Répartir meilleurement dans un univers particulièrement impitoyable... "Les syndicats demandent à M.Sarkozy une meilleure répartition des richesses"(citation du Monde 1-2 février 2009) , par Robert Pollard

Et pourquoi pas ? Meilleure-ment : mieux répartir les richesses, particulièrement dans le système libéral capitaliste. Faire en sorte que le salarié, le salarié chômeur notamment, soit meilleurement positionné dans l’espace où pourrait se déployer le partage des richesses, lequel est un espace conjoncturellement défavorable pour tous… particulièrement pour le salarié, particulièrement s’il chôme… Tous sont plus ou moins atteint par la peste financière en particulier et particulièrement ceux qui ont cru devenir riche en bourse, mais boursicoton, boursicota, ils perdirent tout puisque pas particulièrement riches au départ ils ne pouvaient que se retrouver particulièrement pauvres à l’arrivée .

La peste financière s’en prend aussi à l’économie réelle. L’Etat libéral sauve les banques fautives, plus elles sont fautives et plus il les sauve en priorité. Pourtant l’économie irréelle ne s’en porte pas mieux. Les banquiers ? Grâce à Dieu, ça va… ça va...

La vraie réalité ne ment pas : rien ne va plus au grand Casino capitaliste, rien ne va plus dans les énormes et féroces transnationales, multinationales, rien n’y tourne rond mais la richesse est toujours à sa place, entre les mêmes mains, un riche, un vrai, ne pourra jamais s’appauvrir, nous nous en étions déjà entretenu. La pauvreté, elle, peut se déplacer, la pauvreté bouge, elle change de visage la pauvreté, elle devient la misère, le pauvre est assommé alors… puis il se relève ; les pauvres grognent, ils font peur les pauvres quand ils grognent. Ils font peur et tout de suite on emploie les grands moyens en face, tant que la richesse peut se payer une police dévouée, une armée aux ordres, elle se sent protégée, la richesse en face ; elle tire dans le tas quand c’est possible, à Madagascar c’est possible : 28 morts officiellement – nous pensons à plus que ça – si elle ne peut encore tirer la police - ou l’armée - elle frappe, le plus fort possible, elle arrête, elle garde à vue, elle tabasse les plus pauvres, les plus faibles et même un peu plus, elle s’enhardit, la police ubuesque. Elle espionne, l’Etat espionne de plus en plus, de mieux en mieux, l’espionnage des temps mitterandiens fait déjà amateur – un point de départ dans la modernisation néanmoins - aujourd’hui il fiche et se fiche qu’on le dise, qu’on le dénonce, l’Etat est un justicier et la Justice devient obsolète dans son principe.

Dans cette ambiance tragique et bouffonne, le Chef des chefs a dit « Désormais quand il y a une grève personne ne s’en aperçoit », en juillet il faisait bon, sans chaleur excessive et il a dit cela ; en février il se reprend : « Il faut toujours regretter les petites phrases », qu’il ne se gène pas, parce que tellement de monde était dedans ou a soutenu la grève le 29 janvier 2009, qu’on n’apercevait plus le Président. Alors il a dit ça, pour faire le malin, mais ce n’est pas convaincant, pas plus convaincant que son discours. Il n’y a que le Figaro qui aura vu 52% de convaincus (« Ils auront leur revanche » aurait précisé Sacha Guitry) là où tout le monde aura entendu au moins 52% de pas convaincus.

L’économie réellement enrayée c’est 600 000 emplois en moins aux USA pour le seul mois de janvier, 200 000 en Espagne pour la même période, proportionnellement énorme, centaine de milliers au Japon, 20 000 pour Nissan filiale de Renault, en France on se dirige vers les 3 millions à l’horizon 2010… dans le meilleur des cas. Le chômage ne ment pas, il avance. Aux Etats Unis le Président a bien compris et a bien dit : « Le désastre se poursuit » et en Amérique aussi, en Amérique surtout – de là vient le modèle – les syndicats « font partie de la solution » et sont instamment priés de ne point se dérober.

Chez nous personne ne se dérobe. Les syndicats attendaient, après la journée du 29 janvier, le discours du 5 février, le discours ayant eu lieu ils vont à nouveau se concerter. Ils y sont, en ce moment même, le lundi 9 février 2009 ; le 18 de ce mois le patronat, les “pouvoirs publics“ et les représentants des syndicats, se réuniront sur convocation du chef de l’Etat. « Ce cycle de discussions pourrait notamment porter sur le partage des profits entre les actionnaires et les salariés. Cela confirme la force des revendications pour la revalorisation des salaires, la profondeur du sentiment d’injustice suscité par les réponses gouvernementales à la crise financière et économique » (La CGT à la une 6 février) Si je comprends bien et sans passion, le 29 janvier la force déployée dans la France entière par les 2 millions et plus de manifestants aurait abouti à ce conditionnel ? “Pourrait notamment porter sur …“ les syndicats auraient demandé à Sarkozy un meilleur partage des revenus et on va peut-être en discuter si le temps s’y prête, si le MEDEF y consent, les syndicats ont des revendications à la hauteur de l’événement comme il est possible de s’en rendre compte avec le communiqué commun des cinq (Solidaire y compris) :

.

« Donner la priorité au maintien des emplois dans un contexte de crise économique.

Améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités dans les politiques salariales.

Orienter la relance économique vers l’emploi et le pouvoir d’achat.

Préserver et améliorer les garanties collectives.

Réglementer la sphère financière internationale.

Paris le 9 février 2009 »

.

2 millions et plus dans la rue pour demander – respectueusement c’est implicite – de « donner la priorité ; d’améliorer ; d’orienter ; de préserver et améliorer (ici le ton se durcit) » pour terminer sur ce cri de colère feutré, cette prière ardente : « Réglementer la sphère financière internationale » ! Tremblez phynanciers et phynancières de la sphère internationale, le communiqué existe comme un coup de poing virtuel en direction de vos faces réelles et hilares. Guaino aura suggéré cette audace dont s’est emparé SarkUbu aux tribunes qui lui étaient offertes du nord au sud, d’est en ouest : réglementer, moraliser, assainir le capitalisme, vive la Sociale (démocratie) ! Heureusement, il y a ce grand remue-ménage politique, ce grand dépoussiérage, ces partis anticapitalistes nouveaux qui sont arrivés. Ils signèrent, le 3 février, un communiqué commun, les nouveaux et les anciens. Voici la liste des signataires : Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo. Voici ce qu’ils en disent : « Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d’affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement la demande d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire. » Syndicats et partis solidaires des “grands axes“ du Bien. L’unité à bon compte faisant les bons amis : le plus insignifiant dénominateur commun. On change de cap, ce qui ne mange pas de pain, comme disait mon arrière grand-père, mais surtout pas de régime, encore moins de système. Si l’occasion n’est pas encore favorable pour engager cette réflexion sur la mort du capitalisme et la renaissance du socialisme comme principe d’organisation de la société alors cela voudrait dire que nous sommes enfermés, tous autant que nous sommes, dans une nasse où nous nous décomposerons solidairement les uns et les autres.

Et la Guadeloupe, et la Martinique ? Sur quels “axes“ se déplacent-ils ? Ici aussi les Partis réunis en conclave apportent une réponse convenue : « Enfin, elles (les organisations réunies) tiennent à apporter leur soutien à l’imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe , et demandent au gouvernement d’engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d’achat. » “Notamment“, particulièrement et meilleur-ment le pouvoir d’achat qui doit être amélioré, une grève générale de toute une population pour “l’amélioration du pouvoir d’achat“ voilà l’analyse politique qu’un assemblage hétéroclite “d’organisations réunies“ peut présenter à la “gauche d’en bas“ comme ils le disent quelquefois, les chefs de la gauche d’en haut. Non pas mettre en évidence le lien entre ces deux combats, le lien fusionnel et nécessaire entre ces deux mouvement de contestation du régime, non pas, cela pourrait donner de mauvaises idées quand les espagnols ou les allemands ou les belges… non, c’est au gouvernement que s’adresse la prière et c’est eux, Fillon et les siens, qu’on implore d’engager de réelles négociations !

L’unité existe donc bel et bien, de facto, particulièrement efficace sur les grands axes indéterminés d’une réflexion indéfinissable pointée sur l’horizon indépassable… Médiateurs, les organisations réunies demandent au gouvernement de négocier. Les organisations et les partis politiques ont peu à peu assimilé ce rôle tellement à la mode – le gouvernement ne va-t-il pas envoyer deux médiateurs en Guadeloupe pour arranger les discussions entre patrons et syndicats ? – et donc les partis semblent être contaminés, dès leur naissance par cette maladie du porteur de bidons. Aucun parti « anticapitaliste » ne prendra donc sur lui de répondre à l’histoire en proposant à la confrontation publique, ses propres analyses, ses propres thèses révolutionnaires remettant sur l’établi la discussion sur le futur du socialisme là où elle avait été abandonnée ? Cela empêcherait-il et en quoi, de mener les combats nécessaires au jour le jour ? Au contraire, cela ne pourrait que les éclairer et permettre de regarder vers un autre horizon, de prendre un autre chemin, d’éviter de s’enliser.


7 février 2009


Communiqué commun des partis et organisations de gauche réunies à Paris le 3 février, avec un commentaire de Georges Sarda

.

Je viens de recevoir le communiqué commun (du PS jusqu'au NPA) adopté le 3 février.
Je suis consterné. Ainsi, nous demandons au gouvernement d'engager au plus vite de « réelles» négociations sur les revendications. Thibaud aurait-il remplacé Besancenot comme porte-parole du NPA?

Est-ce ainsi que les lycéens ont eu raison de la loi sur les CPE ou de la loi Darcos?
Est-ce ce que demandent les enseignants chercheurs et les étudiants en grève dans leurs assemblées générales? Evidemment non! Ils exigent le retrait pur et simple de la loi Pécresse, alors que le communiqué commun dit que le gouvernement doit «revenir » sur cette loi, c'est-à-dire l'amender.Quant à nous, NPA, nous devrions exiger le retrait pur et simple de Sarkozy que réclamaient de nombreux manifestants le 29, particulièrement en province.

Ainsi donc, buvant la coupe jusqu'à la lie, avec Aubry et Thibaud, nous affirmons gravement que ce n'est pas au monde du travail de payer la crise, alors qu'ils ont approuvé le renflouement des banques à coups de milliards et qu'ils font mine de le dénoncer aujourd'hui.
Nous sommes au-delà du trade-unionisme et nous nourrissons la confusion et les illusions chez les salariés et les jeunes, alors que l'objectif à fixer, c'est d'en finir avec Sarkozy et son gouvernement et d'ouvrir la voie pour que les travailleurs prennent en main leur destin. Le capitalisme a failli, il mène la société à la faillite, il doit laisser la place.
Ce n'est pas le chemin que prend ce communiqué: il lui tourne le dos.
Georges

Communiqué commun des partis et organisations de gauche réunies à Paris le 3 février

Les partis et organisations de gauche réunies mardi 3 février à Paris se félicitent de l’ampleur du succès de la mobilisation sociale du 29 janvier.
L’importance des grèves et des manifestations qui ont marqué cette journée témoigne d’un rejet massif des choix politiques du gouvernement Sarkozy-Fillon, marque une colère légitime face aux vagues actuelles de licenciements et de suppressions d’emplois, dans le privé comme dans le public, confirme l’exigence d’un « bouclier social » à l’opposé du « bouclier fiscal » pour les plus riches, et de mesures en faveur de l’emploi et des salaires à l’opposé des choix du gouvernement qui distribue sans contrepartie des milliards aux banques et aux grandes groupes.
Le message de la journée du 29 janvier est clair. Ce n’est pas au monde du travail, à la population de payer la crise. Contrairement à ce que vient d’affirmer le Premier ministre, la journée du 29 janvier porte clairement la demande d’un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l’emploi, des services publics. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ne peuvent se dérober à ces exigences et ignorer les grands axes avancés dans la plate-forme syndicale unitaire.

Plus largement, un très grand débat public est nécessaire dans le pays sur les mesures alternatives aux choix politiques actuels qui permettront de s’attaquer réellement et efficacement aux racines de cette crise et d’imposer une autre répartition des richesses et un autre type de développement. Les organisations réunies apportent leur soutien aux mobilisations qui se développent ces jours ci dans l’éducation, dans l’enseignement supérieur et la recherche où le gouvernement doit revenir sur la loi Pécresse et ses décrets d’application, dans les hôpitaux et la santé, où l’inscription à l’ordre du jour du Parlement le 10 février prochain du projet de loi Bachelot doit être annulée. Parce que ces textes représentent des attaques inacceptables contre les services publics, elles appellent à prendre et à soutenir dans les jours qui viennent les initiatives nécessaires pour les combattre. Elles s’alarment dans ce contexte des atteintes répétées aux libertés publiques et syndicales, qui en cherchant à intimider les mouvements de contestation, conduisent à une inquiétante dérive autoritaire du pouvoir qu’elles ne peuvent accepter. Enfin, elles tiennent à apporter leur soutien à l’imposant mouvement social qui mobilise depuis plusieurs semaines la Guadeloupe , et demandent au gouvernement d’engager au plus vite de réelles négociations sur les revendications exprimées, notamment sur la question du pouvoir d’achat. Les organisations réunies ont convenu de se revoir après l’intervention télévisée présidentielle du 5 février et la réunion des organisations syndicales prévue le 9 février pour décider de la suite de leur démarche commune en appui du mouvement social.

Signataires : Les Alternatifs, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Lutte Ouvrière, le MRC, le NPA, le PCF, le PCOF, le Parti de gauche, le PS, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo

.

 


 

Haut de page